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Istres voyage en Europe via Miami

Coupe LNH

samedi 11 avril 2009 - © François Dasriaux

 6 min 37 de lecture

Si les différences de dynamique entre Istres et Paris pouvaient laisser à penser que le match serait presque une formalité pour les Provençaux, c’était faire peu de cas d’un collectif Parisien plein de qualité et toujours apte à sauver sa saison par un coup d’éclat en coupe. Très concentrés sur cet objectif à très court terme que serait une place en Coupe EHF assurée après la victoire de Montpellier sur Chambéry dans la première demi-finale, les deux clubs étaient sous haute tension pour obtenir ce si précieux sésame. Entre un projet collectif très bien défini à Istres et un potentiel individuel plus affirmé pour Paris, il était assuré que le match serait comme le précédent, acharné, disputé et que le maigre public pourrait voir encore une fois du handball de haute volée, malgré un niveau moyen un peu moins fort que sur le Montpellier - Chambéry.

La première bonne impression c’était le PHB qui la faisait, avec un Mohamed Nakib omniprésent dans ses buts, Paris pouvait jouer ce qui lui va à ravir, le jeu rapide. Face à des Istréens visiblement très contractés dans la finition, le groupe d’Olivier Girault menait rapidement de quelques unités mettant un peu, voire beaucoup la pression sur un groupe qui voyait successivement Bastien Cismondo et Michael Keller sortir touché au genou pour le premier et au visage pour le second. Privés de ses deux penseurs de jeu, le IOPHB aurait pu sombrer corps et âme face à l’adversité. Au lieu de cela, tout le monde serrait les rangs, Vincent Gérard sortait les parades pour remettre sa défense en confiance et petit à petit le trou se comblait.

Samuel Clementia était surveillé comme le lait sur le feu après un gros début de partie, Nicolas Claire ne trouvait plus les bons intervalles pendant que Kamel Alouini et Sassi Boultif rendaient la défense parisienne un peu folle devant la vitesse de jeu et les prises de risque de ces deux là. Comme Mohammadi Loutoufi retrouvait sa patte gauche magique, c’était au tour de Paris de sombrer dans le jeu et la tension. Manque de vitesse en attaque, manque de variété et surtout quasiment plus d’arrêts, les mouches floridiennes avaient changé d’ânes. Pour finir le tableau côté problématique pour Paris, Istres voyait Michael Keller et Bastien Cismondo revenir aux affaires du jeu pour renforcer le potentiel offensif des Provençaux si il en était encore besoin, le calice de ce dernier quart d’heure était bu sur une passe lumineuse de Bastien Cismondo à Raphaël Tourraton pour porter l’avantage d’Istres à + 5 à la pause.

Pour revenir, Paris devait absolument retrouver un peu de liant dans son jeu offensif, régler sa problématique face à un Vincent Gérard qui les avait mis à 46% d’efficacité. Après il serait temps de penser à contenir un Sassi Boultif étincelant dans cette première période. Quand on a autant de talent, de puissance et de vitesse combinés, c’est pêcher que de ne pas utiliser à fond tout cela ! L’ex Caladois l’avait fait sur la première mi-temps, il fallait qu’il reste sur cette dynamique pour porter ses couleurs vers l’Europe. Avec lui, Bastien Cismondo, Raphaël Tourraton, Mohammadi Loutoufi, Michael Keller et Gregory Tablon, il y avait la bonne alchimie offensive sur la première période. Mais les deux qui avaient véritablement permis à tout ce monde de s’exprimer était les deux rocs défensifs centraux, Robert Lis derrière Thierry Fleurival qui à eux deux avaient obligé Paris à trouver fortune sur les extérieurs, là où il est toujours compliqué de trouver des failles.

Paris avait la solution en son sein et il allait la trouver rapidement en début de seconde période. Avec un Belgacem Filah replacé sur le posté d’arrière droit à la place d’un Vladimir Zelenovic complètement transparent, le PHB avait sa solution sur la base arrière. Pour rajouter au regain de forme du PHB, Istres avait tendance de nouveau à vendanger les occasions de buts face à Mohamed Nakib quand cela ne finissait pas en perte de balle. Le beau jeu vu en fin de période avait disparu, la défense avait plus que des problèmes pour contenir les assauts parisiens redevenus cohérents et au bout de seulement 10 minutes de jeu dans cette seconde période, le score avait basculé dans le camp de la capitale.

Le duo Filah – Sorhaindo était intouchable et même si Bastien Cismondo ou Kamel Alouini trouvait encore quelques espaces, il était évident que la pause avait détruit tout ce qu’Istres avait su mettre en place en fin de première période. +1, +2, +3 pour Paris à l’entrée du dernier quart d’heure de jeu, avec un Filah énorme sur cette deuxième période Paris avait tout dans les mains pour s’offrir la finale face à Montpellier et dans le même temps une qualification européenne. Istres se lançait dans une opération miracle dont il a le secret, et arrivait même à revenir à hauteur de Paris, mais entre les échecs récurrents et quasi rédhibitoires face à Mohamed Nakib et les manques dans ce domaine pour ses gardiens, ce retour se soldait aussitôt par de nouveau un écart consenti. Il ne restait plus que ce petit diable de Kamel Alouini pour sauver la patrie provençale, mais comme sauveur il allait se poser là. Il était dit que d’avoir le match en main était une malédiction dans cette demi-finale. Ratant quelques occasions presque faciles, Paris allait faire le lit de sa défaite en ne trouvant plus les solutions face à une défense istréenne remobilisée. Il ne restait qu’à regarder Kamel Alouini se jouer des Golgoths parisiens et prendre tous les intervalles possibles jusqu’à ce que sur une dernière passe ratée, le petit tunisien plante la banderille libérant complètement ses partenaires. Après Toulouse à Cannes pour le ticket pour Miami en quart, l’arrivant de Tunis envoyait ses couleurs en finale et en Europe pour la plus grande joie de tout un groupe.

A Miami, America Airlines Arena
Le vendredi 10 avril 2009 à 17h00
Istres OPHB – Paris HB : 31 - 30 (Mi-temps : 17-12)

300 Spectateurs
Arbitres :
MM Pichon et Buy

Statistiques du match

Les réactions
Kamel Alouini (Istres)

On a été performants en défense pendant 60 minutes, jamais le groupe n’a lâché même quand on était menés, tout cela c’est avec le cœur qu’on a été le chercher. Sur le dernier but, la combinaison est annoncée, cela finit au fond et nous donne le droit de disputer la finale. Il faudra être ambitieux sur cette finale.

Vincent Gérard (Istres)
On aime le suspense, c’est notre marque de fabrique ! Que l’on soit menés de 4, 5, 8 ou 9 buts, on ne lâche jamais rien à nos adversaires. Maintenant je sais que ce que je dis est bateau, mais cette finale on n’y va pas pour la jouer mais on y va pour la gagner.

Christophe Mazel (Istres – Entraîneur)
On ne sait pas gérer quand on est facile, en première mi-temps on est dominateur et ce que je craignais est arrivé, avec le retour de Paris en début de seconde période on se met à jouer tous seuls à chercher des solutions trop vite alors qu’il suffisait de lever le nez et de donner la balle dans les bons espaces. Comme en face entre Nakib qui nous mettait sous pression et Filah qui était sur un nuage, c’était dur de résister aux talents individuels de Paris. Après comme souvent avec nous, même au fond du trou on ne lâche rien et puis Kamel Alouini nous fait cette fin de match, mais ce n’est pas sa première dans le genre, face à Toulouse déjà il nous avait sorti un fin de match du même topo. On finit avec une ligne d’arrière de petit gabarit, c’est notre marque de fabrique avec ce grain de folie que l’on met sur les fins de matches.

Istres voyage en Europe via Miami 

Coupe LNH

samedi 11 avril 2009 - © François Dasriaux

 6 min 37 de lecture

Si les différences de dynamique entre Istres et Paris pouvaient laisser à penser que le match serait presque une formalité pour les Provençaux, c’était faire peu de cas d’un collectif Parisien plein de qualité et toujours apte à sauver sa saison par un coup d’éclat en coupe. Très concentrés sur cet objectif à très court terme que serait une place en Coupe EHF assurée après la victoire de Montpellier sur Chambéry dans la première demi-finale, les deux clubs étaient sous haute tension pour obtenir ce si précieux sésame. Entre un projet collectif très bien défini à Istres et un potentiel individuel plus affirmé pour Paris, il était assuré que le match serait comme le précédent, acharné, disputé et que le maigre public pourrait voir encore une fois du handball de haute volée, malgré un niveau moyen un peu moins fort que sur le Montpellier - Chambéry.

La première bonne impression c’était le PHB qui la faisait, avec un Mohamed Nakib omniprésent dans ses buts, Paris pouvait jouer ce qui lui va à ravir, le jeu rapide. Face à des Istréens visiblement très contractés dans la finition, le groupe d’Olivier Girault menait rapidement de quelques unités mettant un peu, voire beaucoup la pression sur un groupe qui voyait successivement Bastien Cismondo et Michael Keller sortir touché au genou pour le premier et au visage pour le second. Privés de ses deux penseurs de jeu, le IOPHB aurait pu sombrer corps et âme face à l’adversité. Au lieu de cela, tout le monde serrait les rangs, Vincent Gérard sortait les parades pour remettre sa défense en confiance et petit à petit le trou se comblait.

Samuel Clementia était surveillé comme le lait sur le feu après un gros début de partie, Nicolas Claire ne trouvait plus les bons intervalles pendant que Kamel Alouini et Sassi Boultif rendaient la défense parisienne un peu folle devant la vitesse de jeu et les prises de risque de ces deux là. Comme Mohammadi Loutoufi retrouvait sa patte gauche magique, c’était au tour de Paris de sombrer dans le jeu et la tension. Manque de vitesse en attaque, manque de variété et surtout quasiment plus d’arrêts, les mouches floridiennes avaient changé d’ânes. Pour finir le tableau côté problématique pour Paris, Istres voyait Michael Keller et Bastien Cismondo revenir aux affaires du jeu pour renforcer le potentiel offensif des Provençaux si il en était encore besoin, le calice de ce dernier quart d’heure était bu sur une passe lumineuse de Bastien Cismondo à Raphaël Tourraton pour porter l’avantage d’Istres à + 5 à la pause.

Pour revenir, Paris devait absolument retrouver un peu de liant dans son jeu offensif, régler sa problématique face à un Vincent Gérard qui les avait mis à 46% d’efficacité. Après il serait temps de penser à contenir un Sassi Boultif étincelant dans cette première période. Quand on a autant de talent, de puissance et de vitesse combinés, c’est pêcher que de ne pas utiliser à fond tout cela ! L’ex Caladois l’avait fait sur la première mi-temps, il fallait qu’il reste sur cette dynamique pour porter ses couleurs vers l’Europe. Avec lui, Bastien Cismondo, Raphaël Tourraton, Mohammadi Loutoufi, Michael Keller et Gregory Tablon, il y avait la bonne alchimie offensive sur la première période. Mais les deux qui avaient véritablement permis à tout ce monde de s’exprimer était les deux rocs défensifs centraux, Robert Lis derrière Thierry Fleurival qui à eux deux avaient obligé Paris à trouver fortune sur les extérieurs, là où il est toujours compliqué de trouver des failles.

Paris avait la solution en son sein et il allait la trouver rapidement en début de seconde période. Avec un Belgacem Filah replacé sur le posté d’arrière droit à la place d’un Vladimir Zelenovic complètement transparent, le PHB avait sa solution sur la base arrière. Pour rajouter au regain de forme du PHB, Istres avait tendance de nouveau à vendanger les occasions de buts face à Mohamed Nakib quand cela ne finissait pas en perte de balle. Le beau jeu vu en fin de période avait disparu, la défense avait plus que des problèmes pour contenir les assauts parisiens redevenus cohérents et au bout de seulement 10 minutes de jeu dans cette seconde période, le score avait basculé dans le camp de la capitale.

Le duo Filah – Sorhaindo était intouchable et même si Bastien Cismondo ou Kamel Alouini trouvait encore quelques espaces, il était évident que la pause avait détruit tout ce qu’Istres avait su mettre en place en fin de première période. +1, +2, +3 pour Paris à l’entrée du dernier quart d’heure de jeu, avec un Filah énorme sur cette deuxième période Paris avait tout dans les mains pour s’offrir la finale face à Montpellier et dans le même temps une qualification européenne. Istres se lançait dans une opération miracle dont il a le secret, et arrivait même à revenir à hauteur de Paris, mais entre les échecs récurrents et quasi rédhibitoires face à Mohamed Nakib et les manques dans ce domaine pour ses gardiens, ce retour se soldait aussitôt par de nouveau un écart consenti. Il ne restait plus que ce petit diable de Kamel Alouini pour sauver la patrie provençale, mais comme sauveur il allait se poser là. Il était dit que d’avoir le match en main était une malédiction dans cette demi-finale. Ratant quelques occasions presque faciles, Paris allait faire le lit de sa défaite en ne trouvant plus les solutions face à une défense istréenne remobilisée. Il ne restait qu’à regarder Kamel Alouini se jouer des Golgoths parisiens et prendre tous les intervalles possibles jusqu’à ce que sur une dernière passe ratée, le petit tunisien plante la banderille libérant complètement ses partenaires. Après Toulouse à Cannes pour le ticket pour Miami en quart, l’arrivant de Tunis envoyait ses couleurs en finale et en Europe pour la plus grande joie de tout un groupe.

A Miami, America Airlines Arena
Le vendredi 10 avril 2009 à 17h00
Istres OPHB – Paris HB : 31 - 30 (Mi-temps : 17-12)

300 Spectateurs
Arbitres :
MM Pichon et Buy

Statistiques du match

Les réactions
Kamel Alouini (Istres)

On a été performants en défense pendant 60 minutes, jamais le groupe n’a lâché même quand on était menés, tout cela c’est avec le cœur qu’on a été le chercher. Sur le dernier but, la combinaison est annoncée, cela finit au fond et nous donne le droit de disputer la finale. Il faudra être ambitieux sur cette finale.

Vincent Gérard (Istres)
On aime le suspense, c’est notre marque de fabrique ! Que l’on soit menés de 4, 5, 8 ou 9 buts, on ne lâche jamais rien à nos adversaires. Maintenant je sais que ce que je dis est bateau, mais cette finale on n’y va pas pour la jouer mais on y va pour la gagner.

Christophe Mazel (Istres – Entraîneur)
On ne sait pas gérer quand on est facile, en première mi-temps on est dominateur et ce que je craignais est arrivé, avec le retour de Paris en début de seconde période on se met à jouer tous seuls à chercher des solutions trop vite alors qu’il suffisait de lever le nez et de donner la balle dans les bons espaces. Comme en face entre Nakib qui nous mettait sous pression et Filah qui était sur un nuage, c’était dur de résister aux talents individuels de Paris. Après comme souvent avec nous, même au fond du trou on ne lâche rien et puis Kamel Alouini nous fait cette fin de match, mais ce n’est pas sa première dans le genre, face à Toulouse déjà il nous avait sorti un fin de match du même topo. On finit avec une ligne d’arrière de petit gabarit, c’est notre marque de fabrique avec ce grain de folie que l’on met sur les fins de matches.

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