L’avant dernière journée de la saison régulière de LFH offrait un sommet entre Metz et le Havre. Malheureusement, l’instauration des play-offs enlevait tout enjeu à ce match, les deux équipes étant déjà qualifiées pour les demi-finales. La victoire messine (27-22) lui assure simplement la première place. Mais le spectacle n’était pas au rendez-vous.
D’ordinaire, un match opposant Metz et Le Havre en Ligue féminine est considéré comme un choc. Lorsque le calendrier de la saison est publié, le passionné de handball regarde quand auront lieu les rencontres entre les deux clubs. Mais, cette saison, la Ligue en a décidé autrement. En instaurant des play-offs pour déterminer le champion de France, la première place n’a que peu d’intérêt, si ce n’est l’avantage de recevoir lors des rencontres retour des demies et de la finale.
Etant certain de terminer second même sans attendre le règlement du litige à propos de son match à Dijon, suite au succès de Mios face à Nîmes (34-27), l’entraîneur havrais choisissait de faire tourner son effectif. Déonise Cavaleiro ainsi que les internationales françaises Claudine Mendy, Christine Vanparys et Linda Pradel étaient dispensées du déplacement. Cela a notamment permis aux deux dernières citées de soigner leurs blessures. Pour les remplacer, Frédéric Bougeant savait pouvoir s’appuyer sur de jeunes joueuses talentueuses et pleines d’envie. Citons pêle-mêle Leslie Briemant, Camille Aoustin, Khoudiedji Ba, Laure Bulucua ou encore Albane Hervé. Celles-ci étaient tout de même encadrées par des cadres telles que Darly Zoqby de Paula, Marta Gega, Stéphanie Ntsama Akoa mais aussi Rafika Marzouk, toute fraîchement revenue d’une Coupe d’Afrique des nations terminée à la seconde place.
Coté messin, Bertrand François pouvait compter sur un effectif au complet et savait son équipe capable de dominer son rival. La victoire du match aller après avoir été mené de 8 buts à vingt minutes de la fin en est le meilleur exemple. Le technicien lorrain devait tout de même faire face à deux inconnues. Dans quel état allait-il retrouver ses internationales suite à la double confrontation face à la Roumanie ? Comment ses joueuses allaient-elles aborder un match sans enjeu face à un adversaire amoindri, qui plus est à une semaine d’un quart de finale européen ?
Kristina Franic montre la voie
Le moins que l’on puisse dire c’est que le visage montré par Metz Handball n’est pas très rassurant sept jours avant d’aller défier Byasen sur ses terres. Que d’approximations, de tirs mal cadrés ! Le début de rencontre voit les jeunes Normandes prendre les devant face à une équipe locale incapable de maîtriser son sujet. Il faut attendre le quart d’heure de jeu pour voir les championnes de France prendre quelque peu ses distances (8-5, 15ème). Allison Pineau en est la grande artisane en parvenant à inscrire trois buts consécutifs. L’arrière croate Kristina Franic étant l’autre gâchette du jour coté mosellan. Auteur de 7 réalisations au cours de ce match, elle a permis à ses couleurs de prendre leurs distances. Malheureusement, ses coéquipières multiplient les erreurs et permettent aux Havraises de toujours espérer à la pause (14-11, 30ème).
Le second acte n’est que la copie du premier. Il débute par deux jets de sept mètres vendangés par les locales. Il y a tout d’abord Svetlana Ognjenovic qui butte sur Darly Zoqbi de Paula avant qu’Allison Pineau ne voit sa tentative passer au dessus de la barre transversale. Devant tant d’errements, on voit un Bertrand François étonnamment calme devant son banc au contraire de son homologue havrais qui pousse ses joueuses à se dépasser, sentant l’exploit possible.
Metz parvient à creuser l’écart grâce à la belle prestation de ses gardiennes et particulièrement de Cléopâtre Darleux. Elle repousse pas moins de 13 tentatives à 54% de réussite. L’autre élément important de la défense jaune et bleue n’est autre qu’Alison Pineau. Placée en position avancée comme elle le fait aussi en équipe de France, elle parvient à intercepter un grand nombre de ballons et à mener des contre-attaques, à la manière de Véronique Pecqueux-Rolland. Son travail permet aux Lorraines de creuser l’écart et de remporter ce duel de 5 unités (27-22, 60ème).
Pour les deux leaders de la Ligue féminine, il reste une marche à gravir mercredi prochain, respectivement à Toulouse et face à Mios avant de se concentrer sur les phases finales de ce Championnat. Mais le prochain objectif prioritaire des deux formations est la Coupe d’Europe. Tous deux qualifiés pour les quarts de finale, les deux clubs devront produire leur meilleur handball pour avoir une chance de passer l’obstacle Byasen (Norvège), pour Metz, Rostov (Russie), pour Le Havre.
METZ-LE HAVRE : 27-22
Arènes de Metz
Arbitres : MM Lazaar et Reveret
Mi-Temps : 14-11
METZ. Gardiennes : Leynaud (1ère à la 30ème , 9 arrêts / 20), Darleux (30ème à la 60ème, 13 arrêts / 24) – Joueuses de champ : Kysucanova (2/5 dt 2 pen), Guehl (1/3), François (0/1), Pineau (4/10), Piéjos (2/5), Ayglon (3/5), Wendling, Ringayen (2/2) Franic (7/11), Ognjenovic (3/5), Horacek (2/4), Pal (1/3)
Exclusions : François (28e), Ayglon (37e), Ognjenovic (38e), Kysucanova (52e)
Entraîneur : Bertrand François.
LE HAVRE. Gardiennes : De Paula (10 arrêts / 37), Cabrimol – Joueuses de champ : Herve (0/1), Sawaneh (5/7), Guillerme, Gega (6/12 dt 1 pen), Briemant (2/7), Camara, Ba (1/3), Aoustin (1/2), Marzouk (3/10), Ntsama (4/15)
Exclusions : Camara (32e), Marzouk (35e)
Entraîneur : Frédéric Bougeant
Statistiques de http://www.metz-handball.com./