Il faut toujours écouter ceux et celles qui affirment que le contexte d'un match à élimination directe n'a rien à voir avec celui d'une rencontre de championnat. Alors qu'en LBE, les deux confrontations entre Paris 92 et Toulon ont été enlevées haut la main par les joueuses de Stéphane Plantin (37-27 à domicile en octobre, 19-28 dans le Var pas plus tard que samedi passé), ces dernières n'ont pas pu appliquer leur surtaxe spécifique en demi-finale de Coupe de France.
Hors le contexte, par essence aliénant, d'un combat permanent pour rester dans l'élite, le TMV est apparu désinhibé au Palais des Sports d'Issy. De nouveau habité par l'esprit d'une compétition où il totalise quatre finales, dont deux gagnées. « Jouer dans ce contexte nous a fait plaisir. On était beaucoup plus combattantes, témoigne sa capitaine Manon Loquay. Par rapport au match d'il y a une semaine, les retours de (Mari) Finstad et (Mona) Abiven nous ont fait du bien. »
Il ne fallait pas se fier à l'entame balbutiante (3-0 pour Paris, 4ème). Par leur réponse proportionnée (4-5, 12ème), énoncée entre autres par la pivot norvégienne, les visiteuses ont engagé un long bras de fer. Lequel penchait légèrement en leur faveur après trente minutes (12-13). Malgré deux balles de +3 vendangées en début de seconde période, quand elle avait « le match en main », la lanterne rouge de D1 est restée dans le coup jusqu'à huit minutes du terme (22-21, 52ème). Avant le doublé décisif de Soukeina Sagna (5/7), co-meilleure buteuse parisienne du soir avec Prouvensier, qui s'est jouée de la stricte qui lui était imposée (24-21, 56ème). Même épithète pour l'arrêt à 7 mètres intermédiaire d'Adrianna Placzek (photo), qui a fait déchanter Cardoso et tout le camp méridional.
Vainqueur 26-24, Paris 92 ferme la « belle parenthèse » toulonnaise et se hisse en finale de Coupe de France pour la quatrième fois en onze ans (après 2014, 17 et 23). Une manière, quelque part, de conjurer un sort trop souvent défavorable depuis septembre. Pour ne s'en tenir qu'aux résultats, le neuvième de Ligue féminine y compte plus de défaites que de succès (7-10), et sept points de retard sur les places européennes. Et à l'échelle continentale, la formation de la capitale a été sèchement éliminée en poule de Ligue EHF (six journées, six défaites). Afin de retenter sa chance dès la saison prochaine, le plus simple consisterait à triompher à l'Arena de Bercy, le 17 mai prochain. Sauf qu'en face, il y aura le vainqueur de Brest – Metz. Une affiche, programmée ce samedi (18 h), aux allures de finale... avant la lettre.