Depuis Nantes, H Arena...
Soir d’Europe à Nantes et la H Arena a sorti ces plus belles couleurs ! La mission est simple : s’imposer de trois buts pour accrocher les pénaltys, quatre pour rejoindre le Sporting en quarts de finale. Pas évident face à une équipe de Plock en pleine bourre avec 14 victoires en 16 rencontres et au complet.
Alors comment résumer ce premier acte … Une défense de fer ! Et qui l’eut cru ? On craignait pourtant pour le H, après une semaine complexe entre les deux défaites à Plock et à Istres. Mais les hommes de Grégory Cojean avaient décidément envie de montrer un tout autre visage. Et même sans ses demi-centres (Minne, De la Bretèche et Ovnicek) ainsi que Romain Lagarde, Nantes entame cette rencontre de la meilleure des façons.
Le retard du match aller est remonté en seulement quatre minutes et alors qu’on s’attendait à une première période équilibrée, c’est tout l’inverse qui a eu lieu. Nantes ne cesse de creuser son écart et Plock est méconnaissable. Leur défense très (trop) agressive n’est sanctionné qu’au quart d’heure de jeu, enfin…
La structure des arbitres est claire, les coups sont autorisés. Mais pas de quoi perturbés les Nantais qui sont infranchissables à l’image d’Ivan Pesic, auteur d’une première période sensationnelle (9/17 = 53% d’arrêts). Un grand gardien est souvent aidé par sa défense, c’est une nouvelle fois le cas ce soir. Les joueurs de Grégory Cojean appliquent la base du handball, une 6-0 en tiroir mais d’une maitrise rarement presque parfaite. Les Polonais ne trouvent aucune faille. Seuls quelques exploits individuels ou face à face leur permettent de ne pas couler.
Seulement huit buts encaissés à la pause alors que le H en a déjà planté 17 ! Ayoub Abdi y est pour quelque chose. Très percutant, il montre la voie avec ses six réalisations. On ne parle plus de rattraper le retard du match aller, mais de gérer désormais un écart de cinq buts. Nantes n’est plus qu’à 30 minutes de retrouver les quarts de la Champions League.

Le H se fait peur, très peur...
Nantes ne veut pas lever le pied, portée par une ambiance enflammée. Les Nantais déroulent, tandis que Pešić continue sur sa lancée. Pas sûr que son remplaçant entre en jeu… et tant mieux, car c’est souvent bon signe ! Une réaction polonaise ? Elle intervient à l’entrée du dernier tiers du match. Plock, totalement inexistant jusqu’alors, se réveille soudainement et inflige un 6-1 à Nantes, réduisant l’écart à sept longueurs. Mais pas de quoi inquiéter le H, qui remet vite la machine en route.
À dix minutes du terme, l’écart reste stable, mais la tension monte. Terzić et Odriozola s’échauffent, le premier est exclu définitivement, tandis que le Nantais écope de deux minutes seulement.
Il reste huit minutes, Nantes mène toujours de sept buts. Plock n’a plus le choix et tente le tout pour le tout en jouant à 7 en attaque. Mais un certain Pešić est toujours là… et quelle présence ! Avec 14 arrêts et 38 % de réussite, il est incontestablement le héros du match. Pour Dawid Nilsson, le coach polonais, il a été l’élément clé : « La seule différence de ce match a été Pešić. Nous avons eu de belles situations de tirs et il a été fantastique. Félicitations à lui. »
Quant au MVP du match, il souligne l’importance de la confiance : « Les premiers arrêts m’ont permis d’avoir une grosse confiance. J’ai réussi à être en grande forme. Nous adorons ce type d’ambiance et ça nous transcende. Nous avons joué en équipe et ce résultat fait du bien à l’équipe. » Modeste, mais indéniablement décisif ! Car offensivement, Nantes marque le pas. Ayoub Abdi, si brillant en première période, reste muet après la pause, tandis que Nico Tournat connaît une soirée difficile (2/6).
Et si les Nantais se faisaient peur ? À cinq minutes du terme, l’écart fond à cinq buts. Michalowicz, intenable, empile les réalisations (six depuis la reprise). Il faut un ultime temps mort de Grégory Cojean pour stopper l’hémorragie. Interrogé sur cette fin de match tendue, le technicien nantais regrette un manque de maîtrise : « Je pense qu’on aurait pu mieux gérer tactiquement, mais ce sont des matchs à haute intensité, pleins d’émotions. C’est comme ça qu’on apprend. » Mais il préfère retenir le positif : « Je connais cette équipe, qui peut parfois cogiter, mais il ne fallait pas calculer. Heureusement, on gère bien le dernier ballon. Je suis très fier de leur réaction, surtout dans ce contexte compliqué, avec la blessure de Romain hier et les absents. C’est impressionnant d’aller en quarts dans ces conditions. Il y a deux ans, nous avions beaucoup souffert, nous n’avions pas cette gestion émotionnelle. Ce soir, nous l’avons eue. Nantes est dans le top 8 mondial. »
Encore trente secondes à jouer. Nantes a la balle de match. Une attaque parfaitement menée, conclue par Thibaud Briet. Le HBC Nantes retrouve les quarts de finale pour la première fois depuis 2021 ! La joie explose, en tribunes comme sur le terrain. Le dernier buteur du soir ne cache pas son bonheur : « C’était un match fantastique, avec une ambiance de folie. On joue au handball pour ce type de scénario. Il y a de la fatigue, mais on n’est pas tous les jours en quarts de finale de la Ligue des Champions, alors on va profiter… avec modération ! Et après, on se projettera sur Toulouse. »
Le HBC Nantes affrontera le Sporting, leader du championnat portugais, en quarts de finale fin avril, avec l’objectif de décrocher un billet pour le Final Four. Mais Nantes sera-t-il le seul club français en quarts ? Réponse ce jeudi soir avec le PSG, qui reçoit Szeged à 20h45.
EHF Champions League, huitième de finale retour
H Arena, Nantes, mercredi 02 avril
Nantes – Plock : 29-24 (MT : 17-8) sur les deux matches: 54-52
Arbitres : Dimitar Mitrevski & Blagojche Todorovski (Macédoine du Nord)
Évolution du score : 4-1 (5) 6-3 (10) 9-4 (15) 10-5 (20) 12-6 (25) 17-8 (MT) 19-10 (35) 21-10 (40) 22-14 (45) 25-17 (50) 27-20 (55) 29-24 (FIN)