Dans l'art de tuer tout suspens, le FC Barcelone se pose en orfèvre. Mais les fondations du succès catalan ont été surtout construites par un blondinet au visage poupin qui dans ses cages n'a eu de cesse de multiplier les interventions et de progressivement grignoter le cerveau de ceux qui se présentaient face à lui. Fallait-il encore en être convaincu ? Emil Nielsen est un immense gardien. C'est lui qui en ce début de rencontre va compenser les hésitations de ses partenaires. Après un quart d'heure, il en était déjà à six parades. Sa constance va mettre en péril les espoirs de Kiel de faire jeu égal. Jamais les partenaires de Samir Bellahcène ne vont exister sur le parquet de Cologne. Eteints par la performance du portier danois. A la pause, les dégâts étaient quasiment irréversibles. Six longueurs d'écart (15-9), 8 arrêts pour Nielsen mais un sentiment que si Kiel avait été au-dessous de tout, le Barça à l'image d'un Dika Mem bien discret et peu en réussite, n'avait pas produit, et de loin, sa meilleure prestation. L'entrée de la pépite Petar Cikusa avait provoqué de vraies étincelles. Les Allemands vont tenter de réagir en mettant un peu plus de rythme et en exerçant un pressing en début de second acte. Cela va payer au tableau d'affichage (18-14) mais après un temps mort, Barcelone va redevenir maître des débats. Accumulation des mauvais choix, maladresses et surtout (encore) Nielsen sur les trajectoires avec notamment un 3ème arrêt à 7m, Kiel va retomber dans ses errances. L'efficacité d'un Melvyn Richardson retrouvé va redonner aux Espagnols une avance qu'ils ne laisseront plus fondre. Les Allemands resteront muets pendant dix minutes ! Aucun but inscrit, six encaissés (24-14 à la 47è). Quand à neuf minutes du buzzer, Nielsen (après 15 parades à 47%) va laisser la place au non moins talentueux Gonzalo Perez de Vargas, ce dernier va poursuivre l'oeuvre de son binôme. Il ne prendra qu'un seul but et mettra Kiel en échec à 5 reprises (score final 30-18).
En finale, ce dimanche (à 18h), Barcelone sera opposé à Aalborg. Dans une confrontation des plus serrées, les Danois ont battu le tenant du titre, Magdebourg, 28-26. Ils ont tissé leur toile dans les dix dernières minutes en tirant profit du 7 contre 6 mais surtout en rappelant Niklas Landin dans les cages. Le gardien multi-médaillé qui avait débuté la rencontre, n'a pas été à son avantage et il est sorti après un quart d'heure, remplacé avec un peu plus de réussite (8 arrêts) par Fabian Norsten. Dans le money-time, il a effectué deux parades décisives permettant à son arrière droit Mads Hoxer de donner deux longueurs d'avance à Aalborg. Niklas Landin s'est à nouveau illustré à 34 secondes du terme et cette fois, c'est le très expérimenté norvégien Sebastian Barthold qui a scellé le succès du champion du Danemark. Dans cette rencontre, Magdebourg a tout tenté, rapidité d'exécution dans le sillage de l'Islandais Omar Ingi Magnusson omniprésent (10 buts tant à 7 mètres que sur le champ) et défense agressive. Un peu trop puisque la rencontre sera marquée par l'exclusion tout à fait méritée du capitaine de Magdebourg, Christian O'Sulivan à la 43ème minute. Cette péripétie ne sera pas préjudiciable pour le tableau d'affichage mais elle va perturber la répartition défensive des Allemands qui ont tenu le plus longtemps possible jusqu'au ce dénouement. Aalborg disputera pour la 2ème fois de son histoire, une finale de Ligue des Champions. Son stratège Mikkel Hansen qui n'a jamais remporté le trophée et qui mettra fin à sa carrière apres les Jeux, aura une ultime occasion de le faire. La 3ème après avoir échoué en 2010 avec le Barça et sept plus tard avec le PSG.
Barça-Aalborg est un remake de l'apothéose de 2021. Cette année-là à Cologne, les deux finalistes avaient écarté deux clubs français en demis. Nantes pour les Espagnols et le PSG pour les Danois. Dika Mem et Timothée N'Guessan, rescapés tricolores de cette édition s'en souviendront avec plaisir puisqu'ils avaient fêté à titre personnel, leur 1er trophée dans l'épreuve sous les couleurs blaugrana (large succès de Barcelone 36-23).