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En Auvergne, le diable sort de sa boîte

Nationale 1M

lundi 7 juin 2021 - © François Dasriaux

 4 min 27 de lecture

Longtemps parent pauvre du handball national, l’Auvergne est en train de se dévoiler via un club de plus en plus ambitieux au fil des ans. Le club de Cournon d’Auvergne. Ce club de la métropole clermontoise gravit les échelons à vitesse grand V et, est dans les starting-blocks pour obtenir le statut VAP après seulement une saison et seulement 4 matches en Nationale 1 masculine.

Tour de propriétaire avec celui qui a pris en charge le club alors qu’il évoluait en Pré Nationale et l’a fait arriver dans l’antichambre du monde pro en quelques saisons, son président Cyrille Faucher. « Quand j’ai pris la présidence du club, cela s’est fait un peu par hasard, enfin surtout dans la suite d’investissements divers, j’ai commencé par faire la buvette au club entre autres comme beaucoup, puis pris peu à peu des responsabilités pour arriver à la co-présidence avec Stéphane Sadourny alors qu’on était encore en régionale. Mais quitte à faire les choses, autant les faire du mieux possible et très vite on a eu l’envie de faire évoluer les choses vers la Nationale. On est dans une métropole où le sport veut dire quelque chose et le haut niveau encore plus. Et le Handball dans tout cela a sa part pleine et entière. ! » Se faire une place au pays du Stade Clermontois n’est toutefois pas chose facile, mais en s’appuyant d’abord sur la ville de Cournon, le club a su créer son espace, rassembler les énergies avec pas moins de 120 partenaires dont 80% de privés, les marches ont presque été gravies 4 à 4 ! Au point de devenir le 6° club de la région AURA en quelques saisons, quand on sait que cette nouvelle région compte des mastodontes historiques comme Villeurbanne, Chambéry, Vénissieux, Grenoble et bien d’autres encore, on mesure la progression du club clermontois.



Mais rapidement va se poser un autre problème dans cette ascension ! Un gros nombre de licenciés n’est pas forcément synonyme de haut niveau et le haut niveau cela se construit tout autant que le nombre d’équipes dans un club. « Avec Stéphane Sadourny, on est tous les deux issus du monde du Rugby à la base et dans ce monde, le professionnalisme en Auvergne, on connait bien. On a essayé de prendre ce qu’il y avait de bien un peu partout, de grandir à notre rythme et faire progresser d’année en année, en prenant bien soin de solidifier les structures avant tout pour arriver en Nationale 1 la saison dernière. » Une saison qui aurait du être celle de l’apprentissage et de la découverte du niveau, mais avec seulement 4 matches joués et un championnat qui se trouve annulé à la fin de la course, on ne peut pas dire que l’expérience ait eu un gros volume… « C’est sûr que l’arrêt du championnat nous un peu coupé notre élan sportif. Mais cela nous a aussi permis de travailler sereinement et de définir nos axes de progression pour les saisons à venir. Et c’est dès janvier qu’on a décidé de demander le statut VAP et d’essayer d’entrer quasi de plein pied dans le monde professionnel. Notre salle à été totalement rénovée et on a maintenant une capacité de 1000 spectateurs. 400 000 € ont été investi pour créer les bureaux et le club house. On a travaillé d’arrache-pied pour faire passer le budget de 550 000 €à 700 00 € en travaillant maintenant sur toute l’agglomération Clermontoise et en partenariat depuis plusieurs saisons avec la Métropole Clermontoise. On va passer à 5 joueurs pros (Adli, Fortes, Gerin, Canoine et Petraud) on a fait venir un coach (Lukas Buchta de Cherbourg) qui est sur la même dynamique que nous au niveau évolution et on a constitué un groupe de 19 joueurs pour la N1 et renforcé l’équipe espoir qui est en N3 et que l’on veut aussi ambitieuse en mettant en place un centre de perfectionnement pour alimenter cette équipe ! »



Bref, à Cournon, on attend le verdict du statut VAP le 15 juin avec sérénité et le sentiment d’avoir fait ce qu’il fallait pour obtenir ce sésame possible vers la LNH. Mais là aussi le président du HCCA se veut tranquille et mesuré. « Cette demande, et on l’espère tous, cette acceptation du statut VAP ne nous met pas dans l’obligation de monter bien évidemment. C’est un processus d’évolution qui doit nous permettre d’être candidat régulier à la montée. Mais nous n’avons aucune obligation immédiate bien évidemment. Pour le moment, tout est allé assez vite, mais on sait que la Poule 1 Elite risque d’être sacrément concurrentielle la saison prochaine avec sans doute pas mal de statuts VAP au départ. A voir comment tout cela va se jouer, mais à Cournon, on se concentre d’abord sur nous et on essaye de grandir intelligemment. »

On sait qu’ils ne sont pas moins de 10 à s’être renseignés (voir l’article) et que d’autres, comme Grand Poitiers, y songent quand ils se rasent. Tous ne déposeront pas forcément de demandes et tous ceux qui le feront ne seront sans doute pas acceptés par la FFHB. Mais si il a 5 ou 6 VAP, ce qui semble tout à fait cohérent voire un peu plus, alors, oui, la Poule 1 Elite, cette D3 professionnelle qui ne dit pas son nom, aura un air d’antichambre de la LNH avec une lutte qui risque de faire oublier la saison 2020-2021 si déprimante pour tout le monde. 

 

En Auvergne, le diable sort de sa boîte 

Nationale 1M

lundi 7 juin 2021 - © François Dasriaux

 4 min 27 de lecture

Longtemps parent pauvre du handball national, l’Auvergne est en train de se dévoiler via un club de plus en plus ambitieux au fil des ans. Le club de Cournon d’Auvergne. Ce club de la métropole clermontoise gravit les échelons à vitesse grand V et, est dans les starting-blocks pour obtenir le statut VAP après seulement une saison et seulement 4 matches en Nationale 1 masculine.

Tour de propriétaire avec celui qui a pris en charge le club alors qu’il évoluait en Pré Nationale et l’a fait arriver dans l’antichambre du monde pro en quelques saisons, son président Cyrille Faucher. « Quand j’ai pris la présidence du club, cela s’est fait un peu par hasard, enfin surtout dans la suite d’investissements divers, j’ai commencé par faire la buvette au club entre autres comme beaucoup, puis pris peu à peu des responsabilités pour arriver à la co-présidence avec Stéphane Sadourny alors qu’on était encore en régionale. Mais quitte à faire les choses, autant les faire du mieux possible et très vite on a eu l’envie de faire évoluer les choses vers la Nationale. On est dans une métropole où le sport veut dire quelque chose et le haut niveau encore plus. Et le Handball dans tout cela a sa part pleine et entière. ! » Se faire une place au pays du Stade Clermontois n’est toutefois pas chose facile, mais en s’appuyant d’abord sur la ville de Cournon, le club a su créer son espace, rassembler les énergies avec pas moins de 120 partenaires dont 80% de privés, les marches ont presque été gravies 4 à 4 ! Au point de devenir le 6° club de la région AURA en quelques saisons, quand on sait que cette nouvelle région compte des mastodontes historiques comme Villeurbanne, Chambéry, Vénissieux, Grenoble et bien d’autres encore, on mesure la progression du club clermontois.



Mais rapidement va se poser un autre problème dans cette ascension ! Un gros nombre de licenciés n’est pas forcément synonyme de haut niveau et le haut niveau cela se construit tout autant que le nombre d’équipes dans un club. « Avec Stéphane Sadourny, on est tous les deux issus du monde du Rugby à la base et dans ce monde, le professionnalisme en Auvergne, on connait bien. On a essayé de prendre ce qu’il y avait de bien un peu partout, de grandir à notre rythme et faire progresser d’année en année, en prenant bien soin de solidifier les structures avant tout pour arriver en Nationale 1 la saison dernière. » Une saison qui aurait du être celle de l’apprentissage et de la découverte du niveau, mais avec seulement 4 matches joués et un championnat qui se trouve annulé à la fin de la course, on ne peut pas dire que l’expérience ait eu un gros volume… « C’est sûr que l’arrêt du championnat nous un peu coupé notre élan sportif. Mais cela nous a aussi permis de travailler sereinement et de définir nos axes de progression pour les saisons à venir. Et c’est dès janvier qu’on a décidé de demander le statut VAP et d’essayer d’entrer quasi de plein pied dans le monde professionnel. Notre salle à été totalement rénovée et on a maintenant une capacité de 1000 spectateurs. 400 000 € ont été investi pour créer les bureaux et le club house. On a travaillé d’arrache-pied pour faire passer le budget de 550 000 €à 700 00 € en travaillant maintenant sur toute l’agglomération Clermontoise et en partenariat depuis plusieurs saisons avec la Métropole Clermontoise. On va passer à 5 joueurs pros (Adli, Fortes, Gerin, Canoine et Petraud) on a fait venir un coach (Lukas Buchta de Cherbourg) qui est sur la même dynamique que nous au niveau évolution et on a constitué un groupe de 19 joueurs pour la N1 et renforcé l’équipe espoir qui est en N3 et que l’on veut aussi ambitieuse en mettant en place un centre de perfectionnement pour alimenter cette équipe ! »



Bref, à Cournon, on attend le verdict du statut VAP le 15 juin avec sérénité et le sentiment d’avoir fait ce qu’il fallait pour obtenir ce sésame possible vers la LNH. Mais là aussi le président du HCCA se veut tranquille et mesuré. « Cette demande, et on l’espère tous, cette acceptation du statut VAP ne nous met pas dans l’obligation de monter bien évidemment. C’est un processus d’évolution qui doit nous permettre d’être candidat régulier à la montée. Mais nous n’avons aucune obligation immédiate bien évidemment. Pour le moment, tout est allé assez vite, mais on sait que la Poule 1 Elite risque d’être sacrément concurrentielle la saison prochaine avec sans doute pas mal de statuts VAP au départ. A voir comment tout cela va se jouer, mais à Cournon, on se concentre d’abord sur nous et on essaye de grandir intelligemment. »

On sait qu’ils ne sont pas moins de 10 à s’être renseignés (voir l’article) et que d’autres, comme Grand Poitiers, y songent quand ils se rasent. Tous ne déposeront pas forcément de demandes et tous ceux qui le feront ne seront sans doute pas acceptés par la FFHB. Mais si il a 5 ou 6 VAP, ce qui semble tout à fait cohérent voire un peu plus, alors, oui, la Poule 1 Elite, cette D3 professionnelle qui ne dit pas son nom, aura un air d’antichambre de la LNH avec une lutte qui risque de faire oublier la saison 2020-2021 si déprimante pour tout le monde. 

 

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