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Fred Pettersson, le colosse au cœur tendre

Europe

lundi 29 mars 2021 - © Yves Michel

 6 min 14 de lecture

Montpellier et Nîmes sont ce mardi au pied du mur. Ça passe ou ça casse car la marge de manœuvre des deux représentants français en 8èmes de finale d'European League est étroite. Surtout pour les Gardois qui face aux Russes de Tchekhov partent avec un retard de cinq buts à remonter. Les Héraultais eux, ont concédé le nul contre les Suisses de Schaffhausen à Bougnol. Tout en restant lucide sur la difficulté de la tâche, Fredric Pettersson le pivot suédois du MHB garde une certaine dose d'optimisme avant le match retour.

La semaine dernière, Fredric Pettersson a consacré une heure de son précieux temps aux jeunes du club de Montpellier. Par visio-conférence, le Suédois a pleinement adhéré à cet échange face à des interlocuteurs qui après avoir écouté le tout récent vice-champion du Monde, n'ont pas hésité à l'assiéger de questions. «C'était un très bon exercice et je remercie David (Degouy, l'adjoint de Patrice Canayer) d'avoir pensé à moi pour le faire. C'est important de partager ce qu'on vit chez les pros avec ceux qui représentent l'avenir d'un club. Mais plus tôt ils seront parvenus à l'excellence, plus tôt ils pourront réaliser leurs rêves. Moi par exemple, j'ai connu le haut niveau assez tard. A 18 ans, je n'avais pas fait plus de 15 matches en sélection Jeunes et je n'ai été appelé chez les A qu'à 26 ans. Transmettre son expérience pour que les autres avancent, c'est essentiel. » Le pivot montpelliérain aurait aimé rester plus longtemps face à cette talentueuse relève mais la réalité de son quotidien sportif l'a vite rattrapé, ponctuée par un enchaînement championnat et 8ème de finale de l'European League. Mardi dernier, à Bougnol, le 1er contact face aux Suisses de Kadetten Schaffhausen a laissé quelques regrets. Certes, le résultat (27-27) n'obère en rien les chances de qualification pour la suite mais le MHB est tombé sur un adversaire très coriace. « Nous aurions du être plus agressifs, souffle Fredric. On a eu la possibilité de faire un écart et à la fin, il faut s'estimer heureux d'avoir arraché le nul ! On a raté pas mal de choses notamment sur contre-attaques. En plus, on est tombé sur un super gardien (Pilipovic – 15 arrêts). Sincèrement, je ne m'attendais pas à le voir autant en réussite. C'est une bonne leçon à retenir. Mais chez eux, il suffira de marquer un but de plus ! » Les Héraultais qui s'envolent ce lundi matin pour la Confédération via Paris ont retrouvé des certitudes depuis leur large succès face à Limoges (37-29). Pas de casse et surtout un banc pleinement concerné puisque le staff a fait tourner tout son effectif. « Le fait de récupérer Gilberto (Duarte) et surtout Alexis (Borges) en pleine forme est un atout. En attaque comme en défense, ce n'est plus la même chose. Contre Schaffhausen, cela ne va servir à rien de se mettre la pression, de trop calculer. Il faut jouer notre jeu, rester concentrés sur ce qu'on sait faire. Si on est sur cette ligne, on gagnera le match. » Le propos est ferme mais empreint d'humilité et de lucidité. Les Helvètes qui ce week-end, ont du se contenter du partage des points dans leur championnat face à Wacker Thun restent un sacré obstacle qu'il faudra franchir. 


Fredric Pettersson retrouvera le maillot toulousain dès la saison prochaine

D'autant que le Suédois, tout comme ses partenaires, a la volonté d'aller au bout de ses ambitions européennes. Lui qui en juillet prochain quittera le MHB pour retrouver le Fenix de Toulouse. « Nous avons pris la décision d'un commun accord. » Il n'en dira pas plus même si une pointe de déception de ne pas continuer à Montpellier se dégage de la formule. Mais rester en France et surtout en Starligue, s'imposait à ses yeux. La décision a mûri en famille avec sa compagne, en pensant aussi à ses deux petites filles de 1 et 3 ans dont l'une est née dans la ville rose. « C'est cool de retourner à Toulouse. J'aime le club, je connais le coach (Danijel Andjelkovic), la ville et la qualité de vie là-bas est top. Montpellier, ce n'est pas mal aussi. Quand je suis arrivé dans le sud, j'ai tout de suite senti que c'était différent. La météo, déjà (sourires), la nourriture ensuite. Et puis, je trouve que c'est bien d'avoir réussi à s'acclimater dans un autre pays et voir grandir ses enfants.» A 32 ans, pas question de rentrer en Suède. Du moins, pas encore. « Non, ça sera pour terminer ma carrière (rires). Je veux continuer à jouer dans un championnat de haut niveau. Je me sens en pleine forme, plein d'envie et surtout j'ai aussi l'ambition d'être sélectionné en équipe nationale. J'y suis depuis 2016 (année de son arrivée à Toulouse). Ce qu'on a réussi depuis, est incroyable (vice champion d'Europe en Croatie 2018 et du Monde en Egypte 2021). C'est comme à Montpellier. Il y a des anciens qui encadrent une jeune génération. L'état d'esprit a changé et face à certains adversaires comme la France par exemple, on ne fait plus aucun complexe. » Et l'aventure n'est pas prête de s'arrêter. Avant de poser à nouveau ses valises sur les bords de Garonne, Fred Pettersson espère participer aux Jeux à Tokyo. Mais juste avant, il y a le boulot à terminer à Montpellier et des honneurs à aller chercher. Comme pourquoi pas, gagner une European League.



Pour Nîmes, ce sera un sacré moment de vérité !

Le sud en ébullition. Si Montpellier entre en scène sur le terrain de Schaffhausen à 19h ce mardi, l'USAM Nîmes suivra dans son antre du Parnasse à 20h45 face aux Russes de Tchekhov. Comme on aurait aimé, Nîmois en tête, que cette arène soit bien remplie. Que les tambours résonnent et que l'esprit vert inonde toutes les travées pour inverser la tendance ! Car la tâche qui se profile, s'annonce colossale. Les partenaires de Rémi Salou (notre photo) ont un handicap de cinq buts à remonter (score à l'aller: 30-25) pour revenir à la hauteur de leur adversaire du soir. Difficile mais pas impossible. Alors, on ne va pas se perdre en conjectures. Se plonger dans les stats et les probabilités. Mais simplement se rappeler qu'en six décennies d'existence et 37 ans après avoir disputé son 1er match de coupe d'Europe, cette équipe a retourné bien des situations plus complexes. Les gars de "Paulo" Martinet ont mis le feu à la fin des années 80. Bitola, Kaunas, Braga et surtout Lisbonne (en 1991 dans les Arènes couvertes devant 10 000 spectateurs avant un quart de finale perdu face au FC Barcelone) sont autant de noms évocateurs pour les moins jeunes de campagnes réussies. Alors, Usamistes d'aujourd'hui et de demain, faites honneur à ceux qui vous ont précédé, les Portes, Gaudin, Lathoud, Volle, Gardent, Stoecklin ou le regretté Saracevic. Pas de calculs, pas de regrets, montrez à ces armoires russes et à leur entraîneur mythique Maksimov, qui sont les patrons, quitte à laisser quelques écailles sur le parquet ! Tchekhov est favori et il y a une semaine, a surtout creusé l'écart dans les cinq dernières minutes. Nîmes avait pourtant tenu le choc dans le 1er acte grâce à "Mika" Guigou et un impeccable Rémi Desbonnet dans les cages. L'indisponibilité de "Momo" Sanad blessé au talon avait été très préjudiciable. L'Egyptien pourrait être opérationnel pour l'échéance capitale. A l'impossible selon certains, Nîmes est tenu !

Fred Pettersson, le colosse au cœur tendre  

Europe

lundi 29 mars 2021 - © Yves Michel

 6 min 14 de lecture

Montpellier et Nîmes sont ce mardi au pied du mur. Ça passe ou ça casse car la marge de manœuvre des deux représentants français en 8èmes de finale d'European League est étroite. Surtout pour les Gardois qui face aux Russes de Tchekhov partent avec un retard de cinq buts à remonter. Les Héraultais eux, ont concédé le nul contre les Suisses de Schaffhausen à Bougnol. Tout en restant lucide sur la difficulté de la tâche, Fredric Pettersson le pivot suédois du MHB garde une certaine dose d'optimisme avant le match retour.

La semaine dernière, Fredric Pettersson a consacré une heure de son précieux temps aux jeunes du club de Montpellier. Par visio-conférence, le Suédois a pleinement adhéré à cet échange face à des interlocuteurs qui après avoir écouté le tout récent vice-champion du Monde, n'ont pas hésité à l'assiéger de questions. «C'était un très bon exercice et je remercie David (Degouy, l'adjoint de Patrice Canayer) d'avoir pensé à moi pour le faire. C'est important de partager ce qu'on vit chez les pros avec ceux qui représentent l'avenir d'un club. Mais plus tôt ils seront parvenus à l'excellence, plus tôt ils pourront réaliser leurs rêves. Moi par exemple, j'ai connu le haut niveau assez tard. A 18 ans, je n'avais pas fait plus de 15 matches en sélection Jeunes et je n'ai été appelé chez les A qu'à 26 ans. Transmettre son expérience pour que les autres avancent, c'est essentiel. » Le pivot montpelliérain aurait aimé rester plus longtemps face à cette talentueuse relève mais la réalité de son quotidien sportif l'a vite rattrapé, ponctuée par un enchaînement championnat et 8ème de finale de l'European League. Mardi dernier, à Bougnol, le 1er contact face aux Suisses de Kadetten Schaffhausen a laissé quelques regrets. Certes, le résultat (27-27) n'obère en rien les chances de qualification pour la suite mais le MHB est tombé sur un adversaire très coriace. « Nous aurions du être plus agressifs, souffle Fredric. On a eu la possibilité de faire un écart et à la fin, il faut s'estimer heureux d'avoir arraché le nul ! On a raté pas mal de choses notamment sur contre-attaques. En plus, on est tombé sur un super gardien (Pilipovic – 15 arrêts). Sincèrement, je ne m'attendais pas à le voir autant en réussite. C'est une bonne leçon à retenir. Mais chez eux, il suffira de marquer un but de plus ! » Les Héraultais qui s'envolent ce lundi matin pour la Confédération via Paris ont retrouvé des certitudes depuis leur large succès face à Limoges (37-29). Pas de casse et surtout un banc pleinement concerné puisque le staff a fait tourner tout son effectif. « Le fait de récupérer Gilberto (Duarte) et surtout Alexis (Borges) en pleine forme est un atout. En attaque comme en défense, ce n'est plus la même chose. Contre Schaffhausen, cela ne va servir à rien de se mettre la pression, de trop calculer. Il faut jouer notre jeu, rester concentrés sur ce qu'on sait faire. Si on est sur cette ligne, on gagnera le match. » Le propos est ferme mais empreint d'humilité et de lucidité. Les Helvètes qui ce week-end, ont du se contenter du partage des points dans leur championnat face à Wacker Thun restent un sacré obstacle qu'il faudra franchir. 


Fredric Pettersson retrouvera le maillot toulousain dès la saison prochaine

D'autant que le Suédois, tout comme ses partenaires, a la volonté d'aller au bout de ses ambitions européennes. Lui qui en juillet prochain quittera le MHB pour retrouver le Fenix de Toulouse. « Nous avons pris la décision d'un commun accord. » Il n'en dira pas plus même si une pointe de déception de ne pas continuer à Montpellier se dégage de la formule. Mais rester en France et surtout en Starligue, s'imposait à ses yeux. La décision a mûri en famille avec sa compagne, en pensant aussi à ses deux petites filles de 1 et 3 ans dont l'une est née dans la ville rose. « C'est cool de retourner à Toulouse. J'aime le club, je connais le coach (Danijel Andjelkovic), la ville et la qualité de vie là-bas est top. Montpellier, ce n'est pas mal aussi. Quand je suis arrivé dans le sud, j'ai tout de suite senti que c'était différent. La météo, déjà (sourires), la nourriture ensuite. Et puis, je trouve que c'est bien d'avoir réussi à s'acclimater dans un autre pays et voir grandir ses enfants.» A 32 ans, pas question de rentrer en Suède. Du moins, pas encore. « Non, ça sera pour terminer ma carrière (rires). Je veux continuer à jouer dans un championnat de haut niveau. Je me sens en pleine forme, plein d'envie et surtout j'ai aussi l'ambition d'être sélectionné en équipe nationale. J'y suis depuis 2016 (année de son arrivée à Toulouse). Ce qu'on a réussi depuis, est incroyable (vice champion d'Europe en Croatie 2018 et du Monde en Egypte 2021). C'est comme à Montpellier. Il y a des anciens qui encadrent une jeune génération. L'état d'esprit a changé et face à certains adversaires comme la France par exemple, on ne fait plus aucun complexe. » Et l'aventure n'est pas prête de s'arrêter. Avant de poser à nouveau ses valises sur les bords de Garonne, Fred Pettersson espère participer aux Jeux à Tokyo. Mais juste avant, il y a le boulot à terminer à Montpellier et des honneurs à aller chercher. Comme pourquoi pas, gagner une European League.



Pour Nîmes, ce sera un sacré moment de vérité !

Le sud en ébullition. Si Montpellier entre en scène sur le terrain de Schaffhausen à 19h ce mardi, l'USAM Nîmes suivra dans son antre du Parnasse à 20h45 face aux Russes de Tchekhov. Comme on aurait aimé, Nîmois en tête, que cette arène soit bien remplie. Que les tambours résonnent et que l'esprit vert inonde toutes les travées pour inverser la tendance ! Car la tâche qui se profile, s'annonce colossale. Les partenaires de Rémi Salou (notre photo) ont un handicap de cinq buts à remonter (score à l'aller: 30-25) pour revenir à la hauteur de leur adversaire du soir. Difficile mais pas impossible. Alors, on ne va pas se perdre en conjectures. Se plonger dans les stats et les probabilités. Mais simplement se rappeler qu'en six décennies d'existence et 37 ans après avoir disputé son 1er match de coupe d'Europe, cette équipe a retourné bien des situations plus complexes. Les gars de "Paulo" Martinet ont mis le feu à la fin des années 80. Bitola, Kaunas, Braga et surtout Lisbonne (en 1991 dans les Arènes couvertes devant 10 000 spectateurs avant un quart de finale perdu face au FC Barcelone) sont autant de noms évocateurs pour les moins jeunes de campagnes réussies. Alors, Usamistes d'aujourd'hui et de demain, faites honneur à ceux qui vous ont précédé, les Portes, Gaudin, Lathoud, Volle, Gardent, Stoecklin ou le regretté Saracevic. Pas de calculs, pas de regrets, montrez à ces armoires russes et à leur entraîneur mythique Maksimov, qui sont les patrons, quitte à laisser quelques écailles sur le parquet ! Tchekhov est favori et il y a une semaine, a surtout creusé l'écart dans les cinq dernières minutes. Nîmes avait pourtant tenu le choc dans le 1er acte grâce à "Mika" Guigou et un impeccable Rémi Desbonnet dans les cages. L'indisponibilité de "Momo" Sanad blessé au talon avait été très préjudiciable. L'Egyptien pourrait être opérationnel pour l'échéance capitale. A l'impossible selon certains, Nîmes est tenu !