bandeau handzone

Krsnik / Micijevic : les deux qui ont fait trois

LBE

jeudi 14 janvier 2021 - © Laurent Hoppe

 3 min 33 de lecture

Le mois dernier, la demi-centre de Plan-de-Cuques et l’arrière gauche de Metz se paraient de bronze à l’Euro avec la Croatie. La grosse surprise est passée, les émotions fortes sont intactes pour l'une comme pour l'autre.

Comme chez Alexandre Dumas, les deux mousquetaires sont trois. Sans une rupture des ligaments croisés survenue le 21 octobre, Ivana Kapitanovic aurait accompagné Camila Micijevic et Dora Krsnik au championnat d’Europe de décembre. Restée à Metz, hors de la bulle sanitaire danoise, c’est par écrans interposés que la gardienne a vécu le parcours sensationnel de ses compatriotes.

 

La sélection au damier, qui n’avait jamais fait mieux que cinquième dans le contexte international (à l’Euro 1994), est arrivée troisième. Elle n’a été battue que par les deux finalistes (la Norvège au tour principal, la France en demi-finale), s’est entre autres payé les championnes du monde néerlandaises en première semaine, ainsi que le pays hôte lors de la petite finale. Les deux autres Croates de la LBE, qui se sont retrouvées en face-à-face il y a deux semaines (victoire messine 31-25), ont chacune leur part de responsabilité...

 

Dora Krsnik, l’esprit de famille

La médaille de bronze de la meneuse de jeu de Plan-de-Cuques (28 ans, 40 sélections) est en lieu sûr. Chez sa mère, à Zagreb. « Elle était très heureuse et fière. C’était le meilleur cadeau de Noël que je pouvais lui faire », sourit la tireuse de penaltys attitrée de la Croatie (11/14 dans l’exercice pendant la quinzaine).

 

L’offrande la plus inattendue, c’est certain. « Nous ne pensions pas à la médaille. Nous voulions seulement gagner le premier match, parce que nous n’en avions remporté aucun dans les deux Euros précédents. » Battre la Hongrie (24-22) a libéré le collectif d’un poids. L’a emmené au-delà de ce qu’il pouvait imaginer. « Je ne sais vraiment pas ce qui est arrivé. Nous ne pensions pas à la victoire ou à la défaite, simplement à faire de notre mieux et à profiter de chaque instant. Nous nous sommes battues ensemble, nous avons cru en nous. Avec mes coéquipières, nous sommes devenues très proches, comme une famille. »

 

« C’étaient les deux plus belles semaines de ma carrière », confie l’ex-joueuse de Podravka Koprivnica (2015-18) et du Krim Ljubljana (Slovénie, 2018-19), arrivée en Provence la saison dernière (*). Plan-de-Cuques évoluait encore en D2. « J’ai toujours voulu jouer en France. Ici, dans le Sud, le cadre de vie est agréable. Mais je ne sais pas combien de temps j’y resterai, je vis au jour le jour. » 

 

 

Camila Micijevic s’est rendue indispensable

Pas toujours à son aise depuis son arrivée à Metz l’été dernier, l’arrière gauche de 26 ans (43 capes, 122 buts) était transfigurée sur les scènes de Kolding et Herning. Une métamorphose attribuée au collectif et à la confiance inconditionnelle du sélectionneur. Joueuse de champ la plus utilisée par Nenad Sostaric, Micijevic (35 buts à 52 %) a été le moteur offensif des Croates jusqu’aux matches à élimination directe. Elle a aussi été grande en défense, et pas seulement en raison de son mètre quatre-vingt-quatorze (13 contres).

 

« J’ai beaucoup joué, l’entraîneur ne m’a pas beaucoup fait sortir. J’étais très fatiguée par moments, c’était compliqué, mais quand l’atmosphère est positive, quand l’esprit d’équipe est très bon, on oublie la fatigue », rembobine-t-elle.

 

Les lendemains en club ne se sont pas calqués sur cette parenthèse enchantée : une distension ligamentaire au genou droit a écourté sa présence au Metz – Rostov de Ligue des Champions, dimanche dernier (27-26), réveillant sur l’instant les souvenirs de deux saisons hongroises (à Dunaujvaros) gâchées par des croisés fragiles. « Ce n’est rien de sérieux. J’espère jouer à Ljubljana » samedi, rassure celle qui réserve sa réponse quant à son avenir sous le maillot jaune et bleu. Ivana Kapitanovic, elle, a déjà prolongé (**)

 

(*) touchée à la cheville, Dora Krsnik n’était pas du voyage de Plan-de-Cuques à Mérignac, mercredi en championnat (défaite 29-19).

(**) les jumelles Kanor et Astride N'Gouan ont emboîté le pas de la gardienne croate mercredi, à l'issue du succès de Metz face à Bourg-de-Péage (31-22).

Krsnik / Micijevic : les deux qui ont fait trois 

LBE

jeudi 14 janvier 2021 - © Laurent Hoppe

 3 min 33 de lecture

Le mois dernier, la demi-centre de Plan-de-Cuques et l’arrière gauche de Metz se paraient de bronze à l’Euro avec la Croatie. La grosse surprise est passée, les émotions fortes sont intactes pour l'une comme pour l'autre.

Comme chez Alexandre Dumas, les deux mousquetaires sont trois. Sans une rupture des ligaments croisés survenue le 21 octobre, Ivana Kapitanovic aurait accompagné Camila Micijevic et Dora Krsnik au championnat d’Europe de décembre. Restée à Metz, hors de la bulle sanitaire danoise, c’est par écrans interposés que la gardienne a vécu le parcours sensationnel de ses compatriotes.

 

La sélection au damier, qui n’avait jamais fait mieux que cinquième dans le contexte international (à l’Euro 1994), est arrivée troisième. Elle n’a été battue que par les deux finalistes (la Norvège au tour principal, la France en demi-finale), s’est entre autres payé les championnes du monde néerlandaises en première semaine, ainsi que le pays hôte lors de la petite finale. Les deux autres Croates de la LBE, qui se sont retrouvées en face-à-face il y a deux semaines (victoire messine 31-25), ont chacune leur part de responsabilité...

 

Dora Krsnik, l’esprit de famille

La médaille de bronze de la meneuse de jeu de Plan-de-Cuques (28 ans, 40 sélections) est en lieu sûr. Chez sa mère, à Zagreb. « Elle était très heureuse et fière. C’était le meilleur cadeau de Noël que je pouvais lui faire », sourit la tireuse de penaltys attitrée de la Croatie (11/14 dans l’exercice pendant la quinzaine).

 

L’offrande la plus inattendue, c’est certain. « Nous ne pensions pas à la médaille. Nous voulions seulement gagner le premier match, parce que nous n’en avions remporté aucun dans les deux Euros précédents. » Battre la Hongrie (24-22) a libéré le collectif d’un poids. L’a emmené au-delà de ce qu’il pouvait imaginer. « Je ne sais vraiment pas ce qui est arrivé. Nous ne pensions pas à la victoire ou à la défaite, simplement à faire de notre mieux et à profiter de chaque instant. Nous nous sommes battues ensemble, nous avons cru en nous. Avec mes coéquipières, nous sommes devenues très proches, comme une famille. »

 

« C’étaient les deux plus belles semaines de ma carrière », confie l’ex-joueuse de Podravka Koprivnica (2015-18) et du Krim Ljubljana (Slovénie, 2018-19), arrivée en Provence la saison dernière (*). Plan-de-Cuques évoluait encore en D2. « J’ai toujours voulu jouer en France. Ici, dans le Sud, le cadre de vie est agréable. Mais je ne sais pas combien de temps j’y resterai, je vis au jour le jour. » 

 

 

Camila Micijevic s’est rendue indispensable

Pas toujours à son aise depuis son arrivée à Metz l’été dernier, l’arrière gauche de 26 ans (43 capes, 122 buts) était transfigurée sur les scènes de Kolding et Herning. Une métamorphose attribuée au collectif et à la confiance inconditionnelle du sélectionneur. Joueuse de champ la plus utilisée par Nenad Sostaric, Micijevic (35 buts à 52 %) a été le moteur offensif des Croates jusqu’aux matches à élimination directe. Elle a aussi été grande en défense, et pas seulement en raison de son mètre quatre-vingt-quatorze (13 contres).

 

« J’ai beaucoup joué, l’entraîneur ne m’a pas beaucoup fait sortir. J’étais très fatiguée par moments, c’était compliqué, mais quand l’atmosphère est positive, quand l’esprit d’équipe est très bon, on oublie la fatigue », rembobine-t-elle.

 

Les lendemains en club ne se sont pas calqués sur cette parenthèse enchantée : une distension ligamentaire au genou droit a écourté sa présence au Metz – Rostov de Ligue des Champions, dimanche dernier (27-26), réveillant sur l’instant les souvenirs de deux saisons hongroises (à Dunaujvaros) gâchées par des croisés fragiles. « Ce n’est rien de sérieux. J’espère jouer à Ljubljana » samedi, rassure celle qui réserve sa réponse quant à son avenir sous le maillot jaune et bleu. Ivana Kapitanovic, elle, a déjà prolongé (**)

 

(*) touchée à la cheville, Dora Krsnik n’était pas du voyage de Plan-de-Cuques à Mérignac, mercredi en championnat (défaite 29-19).

(**) les jumelles Kanor et Astride N'Gouan ont emboîté le pas de la gardienne croate mercredi, à l'issue du succès de Metz face à Bourg-de-Péage (31-22).

Dans la même rubrique