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Majorité absolue pour les Bleuettes !

Mondial

dimanche 30 juin 2024 - © Laurent Hoppe

 4 min 44 de lecture

Les moins de 20 ans françaises sont championnes du monde. Une première dans la plus haute catégorie de jeunes, apothéose de deux semaines de rêve en Macédoine du Nord. Porté par une doublette Pintat / Errard transcendée, fidèle à ses fondamentaux défensifs, l'ensemble d'Eric Baradat a terrassé les favorites hongroises dans une finale accrochée (26-29). Huit matches, huit victoires, trois distinctions individuelles : c'est un plébiscite.

Pourquoi attendre la première décade d'août pour être heureux ? Pour jouer la Marseillaise, hisser le drapeau tricolore au firmament ? A moins d'un mois de l'ouverture des tournois olympiques, 18 jeunes adultes en maillot blanc ont décrété qu'elles ne connaîtraient pas les plus grands frissons par procuration. Mais par elles-mêmes, sans procrastiner. Voici la promotion 2004-2005 de l'équipe de France championne du monde U20. La consécration qui avait échappé à la génération Glauser / Zaadi / Houette, médaillée d'argent il y a douze ans, échoit à celle de Nina Dury, des sœurs Borg, Manon Errard. Une excellente surprise, oui. Un hasard, non.


Il y a deux semaines, en posant leurs valises à l'hôtel-QG de Skopje, les Bleuettes n'avaient, officiellement, pas d'autre prétention que de sortir d'une poule de premier tour 100 % européenne. Sur la base de leurs performances antérieures en grande compétition, elles émargeaient dans la caste des outsiders. En deuxième ligne, derrière le Danemark et surtout la Hongrie, l'équivalent de la Norvège dans la classe d'âge. Avant ce dimanche 30 juin, les espoirs magyares n'avaient effectivement perdu qu'un seul de leurs 29 matches officiels (Euro ou Mondial) depuis 2021. Une stat qui a subi le même sort que tout ce qui a croisé la route de l'ensemble d'Eric Baradat dernièrement : elle a volé en éclats.

Oh, l'estocade portée aux doubles championnes continentales (U17 2021, U19 2023) n'a pas été brutale. Mais tellement française, conforme au niveau, aux points forts affichés tout au long d'un parcours sans faute. Les Bleuettes amortissent leurs temps faibles au maximum, comme dans cette entame de finale à l'avantage de la Hongrie, plus prompte à se décrisper (3-1, 8ème). Avant de s'en remettre au savoir-faire de la défense 0-6 pour aimanter les ballons, décocher les flèches et passer devant (4-6, 14ème). Le domaine réservé d'Errard, ardente Ardennaise à 84 % de réussite dans ce Mondial, dont cinq des huit buts de la rencontre ont été inscrits en bout de contre-attaque.

Moins inspirées en tirant de loin (11 échecs en 14 tentatives), ce qui explique en partie une efficacité sous la moyenne (47 %), la meilleure arrière droit du tournoi et ses partenaires auraient pu se croire arrivées, consacrées trop tôt. Il ne fallait pas s'enflammer à +4, l'écart maximal de la partie (14-18, 34ème), le changement de stratégie radical des Magyares (jeu d'attaque sans gardienne, défense étagée) leur a donné raison : 22-21 à treize minutes du terme. Exemplaire en toutes circonstances, dans ce match-ci mais pas seulement, Lilou Pintat (8/13) a dépanné à point nommé, en temps de disette (22-22, 48ème). Justifiant ainsi un peu plus sa présence dans l'équipe-type de l'IHF.

Et en se souvenant que le six contre sept ne leur avait pas trop mal réussi en quart de finale, la pivot dijonnaise, de même que Louane Texier, se sont mises à scorer à la vue d'une cage grande ouverte (24-26, 56ème). Il paraît que les absentes, en l'espèce la gardienne Klara Zaj (20 arrêts à 43 %, tout de même), ont toujours tort... Un engagement rapide, une possession adverse recyclée, un penalty stoppé par Alix Tignon tant qu'à faire (58ème), ça suffisait pour sortir de l'apnée. Laisser le champ libre à l'extase, basculer du bon côté de l'histoire. Empiler les excédents de bagages, à l'image de Lylou Borg, dont le trophée de MVP du championnat s'ajoute à la médaille du plus précieux métal et à la coupe. Des honneurs individuels qui ne peuvent occulter le triomphe collectif. Disposer de trois gardiennes complémentaires, interchangeables d'un match à l'autre ; d'un arsenal offensif protéiforme, dont les leaders (Errard 29 buts, Pintat 26) partagent les responsabilités ; d'un ADN défensif signature confèrent bien à cette équipe de France son nouveau statut de génération en or. Songez que la suivante, les U18 d'Olivier Delafuente, comptent déjà un titre européen à leur actif...

HONGRIE – FRANCE : 26-29 (13-14)

Dimanche 30 juin 2024, à Skopje (MCD). 438 spectateurs. Arbitres : MM. Jovandic et Sekulic (SER).

HONGRIE : Farago 6/11 (2/3 penaltys) ; Csikos 4/6 ; A. Kovacs 4/9 ; Varga 3/7 (1/2 penaltys) ; Gem 2/2 ; L. Szabo 2/2 ; Farkas 2/3 ; Kover 1/1 ; A. Szabo 1/2 ; Panyi 1/4 ; Csernyanszki 0/3 ; Gajdos ; Vartok. Non utilisées : Imre, Torok. Gardienne : Zaj (20/47 arrêts, dont 1/1 penalty). 2 minutes : Gajdos (31'), Farkas (50'). 16 pertes de balle. Réussite au tir : 52 %.

Sélectionneur : Z. Szilagyi.

FRANCE : Errard 8/11 ; Pintat 8/13 ; E. Borg 5/11 ; F. Karamoko 2/4 ; Perret 2/4 ; Texier 1/4 (0/1 penalty) ; L. Borg 1/6 ; Monteillet 0/1 ; A. Sissoko 0/1 ; Colinot ; Tuccella. Non utilisées : Nikinkanda, Mbata. Gardiennes : Tignon (10/31 arrêts en 45 mn, dont 1/1 penalty) puis Lehuault-Parc (5/10 arrêts en 13 mn, dont 0/3 penaltys). 2 minutes : A. Sissoko (17'), E. Borg (43'). 6 pertes de balle. Réussite au tir : 47 %. Sélectionneur : E. Baradat.

Evolution du score : 1-0 (5') ; 3-3 (10') ; 5-6 (15') ; 8-9 (20') ; 10-11 (25') ; 14-18 (35') ; 16-19 (40') ; 20-21 (45') ; 23-22 (50') ; 24-25 (55').


Vainqueurs du Danemark (34-28), les Pays-Bas montent sur la troisième marche du podium.


Majorité absolue pour les Bleuettes ! 

Mondial

dimanche 30 juin 2024 - © Laurent Hoppe

 4 min 44 de lecture

Les moins de 20 ans françaises sont championnes du monde. Une première dans la plus haute catégorie de jeunes, apothéose de deux semaines de rêve en Macédoine du Nord. Porté par une doublette Pintat / Errard transcendée, fidèle à ses fondamentaux défensifs, l'ensemble d'Eric Baradat a terrassé les favorites hongroises dans une finale accrochée (26-29). Huit matches, huit victoires, trois distinctions individuelles : c'est un plébiscite.

Pourquoi attendre la première décade d'août pour être heureux ? Pour jouer la Marseillaise, hisser le drapeau tricolore au firmament ? A moins d'un mois de l'ouverture des tournois olympiques, 18 jeunes adultes en maillot blanc ont décrété qu'elles ne connaîtraient pas les plus grands frissons par procuration. Mais par elles-mêmes, sans procrastiner. Voici la promotion 2004-2005 de l'équipe de France championne du monde U20. La consécration qui avait échappé à la génération Glauser / Zaadi / Houette, médaillée d'argent il y a douze ans, échoit à celle de Nina Dury, des sœurs Borg, Manon Errard. Une excellente surprise, oui. Un hasard, non.


Il y a deux semaines, en posant leurs valises à l'hôtel-QG de Skopje, les Bleuettes n'avaient, officiellement, pas d'autre prétention que de sortir d'une poule de premier tour 100 % européenne. Sur la base de leurs performances antérieures en grande compétition, elles émargeaient dans la caste des outsiders. En deuxième ligne, derrière le Danemark et surtout la Hongrie, l'équivalent de la Norvège dans la classe d'âge. Avant ce dimanche 30 juin, les espoirs magyares n'avaient effectivement perdu qu'un seul de leurs 29 matches officiels (Euro ou Mondial) depuis 2021. Une stat qui a subi le même sort que tout ce qui a croisé la route de l'ensemble d'Eric Baradat dernièrement : elle a volé en éclats.

Oh, l'estocade portée aux doubles championnes continentales (U17 2021, U19 2023) n'a pas été brutale. Mais tellement française, conforme au niveau, aux points forts affichés tout au long d'un parcours sans faute. Les Bleuettes amortissent leurs temps faibles au maximum, comme dans cette entame de finale à l'avantage de la Hongrie, plus prompte à se décrisper (3-1, 8ème). Avant de s'en remettre au savoir-faire de la défense 0-6 pour aimanter les ballons, décocher les flèches et passer devant (4-6, 14ème). Le domaine réservé d'Errard, ardente Ardennaise à 84 % de réussite dans ce Mondial, dont cinq des huit buts de la rencontre ont été inscrits en bout de contre-attaque.

Moins inspirées en tirant de loin (11 échecs en 14 tentatives), ce qui explique en partie une efficacité sous la moyenne (47 %), la meilleure arrière droit du tournoi et ses partenaires auraient pu se croire arrivées, consacrées trop tôt. Il ne fallait pas s'enflammer à +4, l'écart maximal de la partie (14-18, 34ème), le changement de stratégie radical des Magyares (jeu d'attaque sans gardienne, défense étagée) leur a donné raison : 22-21 à treize minutes du terme. Exemplaire en toutes circonstances, dans ce match-ci mais pas seulement, Lilou Pintat (8/13) a dépanné à point nommé, en temps de disette (22-22, 48ème). Justifiant ainsi un peu plus sa présence dans l'équipe-type de l'IHF.

Et en se souvenant que le six contre sept ne leur avait pas trop mal réussi en quart de finale, la pivot dijonnaise, de même que Louane Texier, se sont mises à scorer à la vue d'une cage grande ouverte (24-26, 56ème). Il paraît que les absentes, en l'espèce la gardienne Klara Zaj (20 arrêts à 43 %, tout de même), ont toujours tort... Un engagement rapide, une possession adverse recyclée, un penalty stoppé par Alix Tignon tant qu'à faire (58ème), ça suffisait pour sortir de l'apnée. Laisser le champ libre à l'extase, basculer du bon côté de l'histoire. Empiler les excédents de bagages, à l'image de Lylou Borg, dont le trophée de MVP du championnat s'ajoute à la médaille du plus précieux métal et à la coupe. Des honneurs individuels qui ne peuvent occulter le triomphe collectif. Disposer de trois gardiennes complémentaires, interchangeables d'un match à l'autre ; d'un arsenal offensif protéiforme, dont les leaders (Errard 29 buts, Pintat 26) partagent les responsabilités ; d'un ADN défensif signature confèrent bien à cette équipe de France son nouveau statut de génération en or. Songez que la suivante, les U18 d'Olivier Delafuente, comptent déjà un titre européen à leur actif...

HONGRIE – FRANCE : 26-29 (13-14)

Dimanche 30 juin 2024, à Skopje (MCD). 438 spectateurs. Arbitres : MM. Jovandic et Sekulic (SER).

HONGRIE : Farago 6/11 (2/3 penaltys) ; Csikos 4/6 ; A. Kovacs 4/9 ; Varga 3/7 (1/2 penaltys) ; Gem 2/2 ; L. Szabo 2/2 ; Farkas 2/3 ; Kover 1/1 ; A. Szabo 1/2 ; Panyi 1/4 ; Csernyanszki 0/3 ; Gajdos ; Vartok. Non utilisées : Imre, Torok. Gardienne : Zaj (20/47 arrêts, dont 1/1 penalty). 2 minutes : Gajdos (31'), Farkas (50'). 16 pertes de balle. Réussite au tir : 52 %.

Sélectionneur : Z. Szilagyi.

FRANCE : Errard 8/11 ; Pintat 8/13 ; E. Borg 5/11 ; F. Karamoko 2/4 ; Perret 2/4 ; Texier 1/4 (0/1 penalty) ; L. Borg 1/6 ; Monteillet 0/1 ; A. Sissoko 0/1 ; Colinot ; Tuccella. Non utilisées : Nikinkanda, Mbata. Gardiennes : Tignon (10/31 arrêts en 45 mn, dont 1/1 penalty) puis Lehuault-Parc (5/10 arrêts en 13 mn, dont 0/3 penaltys). 2 minutes : A. Sissoko (17'), E. Borg (43'). 6 pertes de balle. Réussite au tir : 47 %. Sélectionneur : E. Baradat.

Evolution du score : 1-0 (5') ; 3-3 (10') ; 5-6 (15') ; 8-9 (20') ; 10-11 (25') ; 14-18 (35') ; 16-19 (40') ; 20-21 (45') ; 23-22 (50') ; 24-25 (55').


Vainqueurs du Danemark (34-28), les Pays-Bas montent sur la troisième marche du podium.


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