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Au Final Four, Metz retournera

Champion's League

samedi 4 mai 2024 - © Laurent Hoppe

 4 min 11 de lecture

Pour la quatrième fois depuis l'instauration de la formule, en 2014, un club français participera au carré final de la C1 féminine. Les coéquipières de Kristina Jørgensen ont définitivement exorcisé leur cruelle élimination d'il y a un an en dominant une seconde fois le CSM Bucarest et ses trois Bleues (29-23). La force collective, la cohésion affichée les envoient à Budapest, les 1er et 2 juin prochains.

Les prévisions de Dragonne Futée étaient exactes, fondées. En plus d'être la journée mondiale de Star Wars (d'où notre titre), ce premier samedi de mai était classé jaune vif dans le sens du retour. Celui du Metz HB dans le gotha qu'est le carré final de la Ligue des Champions. Une assertion impossible à accorder au masculin en milieu de semaine, mais que l'escouade d'Emmanuel Mayonnade applique une fois sur deux, du moins quand la compétition va à son terme. Son vœu le plus cher a été exaucé : revivre le quart de finale retour de 2019, déjà contre le CSM Bucarest (23-22, une semaine après un succès 26-31), plutôt que le cauchemar éveillé d'il y a un an, presque jour pour jour, face à Ferencvaros (victoire 26-32 à l'aller, défaite 26-33 au retour). Entre ces deux pics émotionnels antagonistes, il y avait eu ce singulier printemps 2022, où la géopolitique avait fait avancer les Jaune et Bleu de deux cases (Rostov exclu suite au déclenchement de la guerre en Ukraine), avant d'écarter Dortmund manu militari (22-30 dans la Ruhr, 32-19 aux Arènes).

 

Metz avait moins de buts à défendre (victoire 24-27, le 28 avril) que l'an passé, mais a infiniment mieux défendu son bien. Ne jamais être mené, seulement rejoint par trois fois (5-5, 10-10, 15-15 à la 32ème), ça aide à se forger une confiance, une carapace. Ledit bouclier a eu son utilité quand les Mosellanes ont traversé, à deux reprises en première période, six minutes sans marquer. La formation roumaine a insuffisamment profité de l'aubaine, à l'image d'un penalty de Neagu expédié dans les filets... de protection (7ème). Malgré une première demi-heure achevée à 64 %, peu ou prou autant que Metz, « on a manqué d'efficacité », pointe Grace Zaadi (3/6, une passe décisive).

 

Zaadi : « Le collectif messin a été meilleur »

 

Pour inquiéter davantage leurs hôtes, la formation roumaine aux deux Laura (Flippes, 0/2 et 3 passes, et Glauser, 10/38 arrêts) aurait aussi eu grand besoin d'une vraie assise collective. Ca n'a pas toujours semblé être les intentions de Cristina Neagu, à l'individualisme parfois forcené en impactant le mur jaune. A l'inverse, même si Mayonnade n'a pas sollicité l'intégralité de son banc, les rôles ont été mieux répartis. Prenez la base arrière danoise, dans le dernier quart d'heure : quand Jørgensen est prise en stricte par Gutierrez, Burgaard neutralisée par Zaadi, qu'est-ce qui reste ? Anne Mette Hansen, qui embellit une prestation jusqu'alors quelconque en creusant l'écart au moment charnière (22-19, 47ème puis 24-19, 50ème). « Le collectif de Metz a été meilleur sur les deux confrontations, tranche la demi-centre expatriée. Il nous aurait fallu faire le match parfait pour nous qualifier. »

 

Celui des locataires des Arènes n'a pas toujours ressemblé aux 90 premières secondes, un concentré de leurs points forts : trouver Bouktit au pivot, marquer en engagement rapide (Jörgensen) et sur grand espace (Valentini pour le 3-1). « On a pris notre mal en patience », intervient Hatadou Sako, qui s'exprime en connaissance de cause. Après avoir attendu la 13ème minute pour signer son premier arrêt de l'après-midi, la gardienne des Bleues a puisé l'énergie positive au fond d'elle-même afin de terminer également la rencontre à 10 parades. Et de gratter, tant qu'à faire, de précieuses secondes en gardant le ballon. « C'était mes trente dernières minutes aux Arènes en Ligue des Champions. Il fallait kiffer », explique l'ambianceuse en chef.

 

Ô temps, ô chrono des quatre panneaux du plafond, suspendez votre vol... Grâce à Sako, à la touche finale d'Alina Grijseels, par ailleurs impeccable à 7 mètres (5/5), les tee-shirts estampillés ''Road to Budapest'' ne finiront pas au rebut, ni bradés sur un site de revente. Ils ont été enfilés par une troupe aussi extatique que si elle avait été championne de France. Là-dessus, la réalité calendaire rattrapera vite les premières (dans l'ordre chronologique) à dérouler la banderole de l'EHF spéciale qualif, mais dauphines de Brest en LBE. A peine le temps de débarrasser le sol des Arènes des flonflons de la victoire (29-23, on allait l'omettre) qu'il faut se projeter vers la finale retour officieuse du championnat, mercredi dans le Finistère. A voir si la Force sera encore avec elles...


METZ HB (FRA) – CSM BUCAREST (ROU) : 29-23 (15-14)

Samedi 4 mai 2024. 4930 spectateurs. Arbitres : Mmes Antic et Jakovljevic (SER).

Evolution du score : 4-2 (5') ; 5-4 (10') ; 8-5 (15') ; 9-7 (20') ; 13-11 (25') ; 17-15 (35') ; 19-17 (40') ; 21-18 (45') ; 24-20 (50') ; 25-22 (55').

Au Final Four, Metz retournera 

Champion's League

samedi 4 mai 2024 - © Laurent Hoppe

 4 min 11 de lecture

Pour la quatrième fois depuis l'instauration de la formule, en 2014, un club français participera au carré final de la C1 féminine. Les coéquipières de Kristina Jørgensen ont définitivement exorcisé leur cruelle élimination d'il y a un an en dominant une seconde fois le CSM Bucarest et ses trois Bleues (29-23). La force collective, la cohésion affichée les envoient à Budapest, les 1er et 2 juin prochains.

Les prévisions de Dragonne Futée étaient exactes, fondées. En plus d'être la journée mondiale de Star Wars (d'où notre titre), ce premier samedi de mai était classé jaune vif dans le sens du retour. Celui du Metz HB dans le gotha qu'est le carré final de la Ligue des Champions. Une assertion impossible à accorder au masculin en milieu de semaine, mais que l'escouade d'Emmanuel Mayonnade applique une fois sur deux, du moins quand la compétition va à son terme. Son vœu le plus cher a été exaucé : revivre le quart de finale retour de 2019, déjà contre le CSM Bucarest (23-22, une semaine après un succès 26-31), plutôt que le cauchemar éveillé d'il y a un an, presque jour pour jour, face à Ferencvaros (victoire 26-32 à l'aller, défaite 26-33 au retour). Entre ces deux pics émotionnels antagonistes, il y avait eu ce singulier printemps 2022, où la géopolitique avait fait avancer les Jaune et Bleu de deux cases (Rostov exclu suite au déclenchement de la guerre en Ukraine), avant d'écarter Dortmund manu militari (22-30 dans la Ruhr, 32-19 aux Arènes).

 

Metz avait moins de buts à défendre (victoire 24-27, le 28 avril) que l'an passé, mais a infiniment mieux défendu son bien. Ne jamais être mené, seulement rejoint par trois fois (5-5, 10-10, 15-15 à la 32ème), ça aide à se forger une confiance, une carapace. Ledit bouclier a eu son utilité quand les Mosellanes ont traversé, à deux reprises en première période, six minutes sans marquer. La formation roumaine a insuffisamment profité de l'aubaine, à l'image d'un penalty de Neagu expédié dans les filets... de protection (7ème). Malgré une première demi-heure achevée à 64 %, peu ou prou autant que Metz, « on a manqué d'efficacité », pointe Grace Zaadi (3/6, une passe décisive).

 

Zaadi : « Le collectif messin a été meilleur »

 

Pour inquiéter davantage leurs hôtes, la formation roumaine aux deux Laura (Flippes, 0/2 et 3 passes, et Glauser, 10/38 arrêts) aurait aussi eu grand besoin d'une vraie assise collective. Ca n'a pas toujours semblé être les intentions de Cristina Neagu, à l'individualisme parfois forcené en impactant le mur jaune. A l'inverse, même si Mayonnade n'a pas sollicité l'intégralité de son banc, les rôles ont été mieux répartis. Prenez la base arrière danoise, dans le dernier quart d'heure : quand Jørgensen est prise en stricte par Gutierrez, Burgaard neutralisée par Zaadi, qu'est-ce qui reste ? Anne Mette Hansen, qui embellit une prestation jusqu'alors quelconque en creusant l'écart au moment charnière (22-19, 47ème puis 24-19, 50ème). « Le collectif de Metz a été meilleur sur les deux confrontations, tranche la demi-centre expatriée. Il nous aurait fallu faire le match parfait pour nous qualifier. »

 

Celui des locataires des Arènes n'a pas toujours ressemblé aux 90 premières secondes, un concentré de leurs points forts : trouver Bouktit au pivot, marquer en engagement rapide (Jörgensen) et sur grand espace (Valentini pour le 3-1). « On a pris notre mal en patience », intervient Hatadou Sako, qui s'exprime en connaissance de cause. Après avoir attendu la 13ème minute pour signer son premier arrêt de l'après-midi, la gardienne des Bleues a puisé l'énergie positive au fond d'elle-même afin de terminer également la rencontre à 10 parades. Et de gratter, tant qu'à faire, de précieuses secondes en gardant le ballon. « C'était mes trente dernières minutes aux Arènes en Ligue des Champions. Il fallait kiffer », explique l'ambianceuse en chef.

 

Ô temps, ô chrono des quatre panneaux du plafond, suspendez votre vol... Grâce à Sako, à la touche finale d'Alina Grijseels, par ailleurs impeccable à 7 mètres (5/5), les tee-shirts estampillés ''Road to Budapest'' ne finiront pas au rebut, ni bradés sur un site de revente. Ils ont été enfilés par une troupe aussi extatique que si elle avait été championne de France. Là-dessus, la réalité calendaire rattrapera vite les premières (dans l'ordre chronologique) à dérouler la banderole de l'EHF spéciale qualif, mais dauphines de Brest en LBE. A peine le temps de débarrasser le sol des Arènes des flonflons de la victoire (29-23, on allait l'omettre) qu'il faut se projeter vers la finale retour officieuse du championnat, mercredi dans le Finistère. A voir si la Force sera encore avec elles...


METZ HB (FRA) – CSM BUCAREST (ROU) : 29-23 (15-14)

Samedi 4 mai 2024. 4930 spectateurs. Arbitres : Mmes Antic et Jakovljevic (SER).

Evolution du score : 4-2 (5') ; 5-4 (10') ; 8-5 (15') ; 9-7 (20') ; 13-11 (25') ; 17-15 (35') ; 19-17 (40') ; 21-18 (45') ; 24-20 (50') ; 25-22 (55').

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Le match

 samedi 4 mai 2024

Joueurs du match

 Top Joueur
Eval : 25 | Buts : 6 | Pd : 4 | Int : 0
 Top Gardien
Eval : 3 | Arr Tot : 10 / 32 (31,2 %)