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Réussir un grand écart, ça prend du temps

Euro

jeudi 29 février 2024 - © Laurent Hoppe

 4 min 17 de lecture

L'équipe de France féminine est seule en tête de son groupe de qualifications pour l'Euro 2024. Deux mois et demi après son troisième titre mondial, elle a entamé son année olympique par une victoire en Slovénie moins aisée que ne l'indique le score final (20-35). La première période ayant principalement été occupée aux réglages, le trou n'a été creusé qu'en seconde mi-temps, sous l'impulsion de Flippes et Horacek. Encore un succès, dimanche à Orléans, et la présence en phase finale du tournoi continental sera certaine.

Une étoile en plus ou en moins sur le maillot ne change pas la donne, dans le fond. Il y aura toujours des rencontres précédées d'un panneau triangulaire signalant le danger. Avertissant de l'approche d'adversaires qui, à défaut d'être assidus aux podiums internationaux, possèdent les individualités, les schémas tactiques faisant vaciller les certitudes, l'ordre établi. La Slovénie d'Ana Gros, lucarnes toujours saillantes à 33 ans (6/10), et d'Amra Pandzic (11 arrêts en 50 minutes), appartient à cette caste. Pendant plus d'une mi-temps, ce jeudi à Velenje, la gauchère de Györ, la gardienne de Baia Mare et leurs copines ont ramené l'équipe de France un trimestre dans le passé. Au premier tour du Mondial, fin novembre-début décembre. Un passé frais où le collectif d'Olivier Krumbholz avançait à tâtons, n'était encore sûr de rien quant à son destin doré.

Il y a effectivement eu certains atermoiements dans cette demi-heure au coude à coude, dans laquelle personne n'a pris plus de deux longueurs d'avance. Une demi-douzaine de ballons égarés, par exemple. Estelle Nze Minko avait beau réviser ses combinaisons avec Valentini et Foppa, l'ailière gauche et la pivot ont connu un taux d'échec inhabituellement élevé dans la finition. L'alter ego de la Brestoise, Natasa Ljupoja, rudoyait quant à elle à l'envi la défense à plat des championnes olympiques. Heureusement pour ces dernières, des similitudes positives avec leurs prestations scandinaves existaient aussi. Comme la présence rassurante de Laura Glauser, dépliant sa jambe droite comme il faut afin de parer un contre mené par Ljupoja, encore elle (5ème). Ou l'art quasi ancestral de couper les enclenchements adverses, manié par Grace Zaadi et Orlane Kanor.

Traverser sans dommages la première situation d'infériorité numérique et de jeu sans gardienne, avec notamment le premier des cinq buts de l'ailière droit entrante Lucie Granier (5/5), a tout autant donné confiance aux Françaises. Présentes quand le rythme de la partie s'est enfin décidé à s'emballer, à l'appel de la pause : l'engagement rapide Foppa / Nze Minko a répondu au tir à la hanche d'Omoregie. Avant de le dicter, sans demander l'avis de personne, au retour du vestiaire. A la manœuvre, des arrières en retrait jusque-là, et retrouvant opportunément leurs sensations de fin d'année dernière. Par en dessous, puis au près, Laura Flippes (5/6) a donné le la (11-14, 32ème puis 12-16, 34ème). Autrice de l'unique jet de 7 m de son équipe, passeuse décisive pour Sarah Bouktit, Tamara Horacek (3/3) a battu la mesure en canon.

Ainsi, l'avance visiteuse a crû lentement, sûrement, avant l'inflation galopante observée dans le dernier quart d'heure. 10-2, entre la 46ème et la 60ème, pour les coéquipières d'Hatadou Sako, déchaînée comme un jour de Ligue des Champions avec Metz depuis que sa main droite a dévié le troisième jet de 7 m de Gros (44ème). Le jeu rapide léché des joueuses de champ, le punch retrouvé de Méline Nocandy, ont fini d'éteindre la Slovénie, plus vite que lors du troisième match de groupe du Mondial (31-27, le 4 décembre). « On savait que sur la durée, on serait plus fort physiquement, note le sélectionneur. Le score est exceptionnel, surtout que les Slovènes sont au complet. Pour une reprise, c’est bien. »

Avec cette troisième victoire sans appel, du moins dans les chiffres (+15, après +34 contre l'Italie et le +47 record en Lettonie, en octobre), les Françaises ont pris deux points d'avance sur leurs plus sérieuses concurrentes pour la première place de la poule 4. La qualification pour la phase finale de l'Euro, coorganisée par la Suisse, l'Autriche et la Hongrie, pourrait être réglée dès dimanche (17 h), à Orléans. Olivier Krumbholz le souhaite vivement : ça laisserait plus de temps pour se focaliser sur l'essentiel, les travaux pratiques de la préparation olympique...

SLOVENIE – FRANCE : 20-35 (11-13)

Jeudi 29 février 2024, à Velenje. 1750 spectateurs. 

Arbitres : Mmes Prastalo et Balvan (BOS).
Evolution du score : 3-3 (5') ; 5-4 (10') ; 6-4 (15') ; 7-7 (20') ; 8-10 (25') 11-13 (MT) ; 13-16 (35') ; 15-20 (40') ; 18-25 (45') ; 19-29 (50') ; 20-32 (55') 20-35 (FIN)


FRANCE : Flippes 5/6 ; Foppa 3/4 ; Horacek 3/3 (1/1 penalty) ; Nze Minko (capitaine) 4/5 ; Toublanc ; Valentini 2/5 ; puis Bouktit 1/4 ; Grandveau 0/2 ; Granier 5/5 ; O. Kanor 3/6 ; C. Lassource 4/4 ; D. Lassource ; Nocandy 3/4 ; Zaadi 2/4.

Gardiennes : Glauser (6/17 arrêts en 30 mn, dont 0/2 penaltys) puis Sako (8/17 arrêts en 30 mn, dont 1/1 penalty).

2 minutes : O. Kanor (22'), Foppa (35'). 13 pertes de balle.

Réussir un grand écart, ça prend du temps 

Euro

jeudi 29 février 2024 - © Laurent Hoppe

 4 min 17 de lecture

L'équipe de France féminine est seule en tête de son groupe de qualifications pour l'Euro 2024. Deux mois et demi après son troisième titre mondial, elle a entamé son année olympique par une victoire en Slovénie moins aisée que ne l'indique le score final (20-35). La première période ayant principalement été occupée aux réglages, le trou n'a été creusé qu'en seconde mi-temps, sous l'impulsion de Flippes et Horacek. Encore un succès, dimanche à Orléans, et la présence en phase finale du tournoi continental sera certaine.

Une étoile en plus ou en moins sur le maillot ne change pas la donne, dans le fond. Il y aura toujours des rencontres précédées d'un panneau triangulaire signalant le danger. Avertissant de l'approche d'adversaires qui, à défaut d'être assidus aux podiums internationaux, possèdent les individualités, les schémas tactiques faisant vaciller les certitudes, l'ordre établi. La Slovénie d'Ana Gros, lucarnes toujours saillantes à 33 ans (6/10), et d'Amra Pandzic (11 arrêts en 50 minutes), appartient à cette caste. Pendant plus d'une mi-temps, ce jeudi à Velenje, la gauchère de Györ, la gardienne de Baia Mare et leurs copines ont ramené l'équipe de France un trimestre dans le passé. Au premier tour du Mondial, fin novembre-début décembre. Un passé frais où le collectif d'Olivier Krumbholz avançait à tâtons, n'était encore sûr de rien quant à son destin doré.

Il y a effectivement eu certains atermoiements dans cette demi-heure au coude à coude, dans laquelle personne n'a pris plus de deux longueurs d'avance. Une demi-douzaine de ballons égarés, par exemple. Estelle Nze Minko avait beau réviser ses combinaisons avec Valentini et Foppa, l'ailière gauche et la pivot ont connu un taux d'échec inhabituellement élevé dans la finition. L'alter ego de la Brestoise, Natasa Ljupoja, rudoyait quant à elle à l'envi la défense à plat des championnes olympiques. Heureusement pour ces dernières, des similitudes positives avec leurs prestations scandinaves existaient aussi. Comme la présence rassurante de Laura Glauser, dépliant sa jambe droite comme il faut afin de parer un contre mené par Ljupoja, encore elle (5ème). Ou l'art quasi ancestral de couper les enclenchements adverses, manié par Grace Zaadi et Orlane Kanor.

Traverser sans dommages la première situation d'infériorité numérique et de jeu sans gardienne, avec notamment le premier des cinq buts de l'ailière droit entrante Lucie Granier (5/5), a tout autant donné confiance aux Françaises. Présentes quand le rythme de la partie s'est enfin décidé à s'emballer, à l'appel de la pause : l'engagement rapide Foppa / Nze Minko a répondu au tir à la hanche d'Omoregie. Avant de le dicter, sans demander l'avis de personne, au retour du vestiaire. A la manœuvre, des arrières en retrait jusque-là, et retrouvant opportunément leurs sensations de fin d'année dernière. Par en dessous, puis au près, Laura Flippes (5/6) a donné le la (11-14, 32ème puis 12-16, 34ème). Autrice de l'unique jet de 7 m de son équipe, passeuse décisive pour Sarah Bouktit, Tamara Horacek (3/3) a battu la mesure en canon.

Ainsi, l'avance visiteuse a crû lentement, sûrement, avant l'inflation galopante observée dans le dernier quart d'heure. 10-2, entre la 46ème et la 60ème, pour les coéquipières d'Hatadou Sako, déchaînée comme un jour de Ligue des Champions avec Metz depuis que sa main droite a dévié le troisième jet de 7 m de Gros (44ème). Le jeu rapide léché des joueuses de champ, le punch retrouvé de Méline Nocandy, ont fini d'éteindre la Slovénie, plus vite que lors du troisième match de groupe du Mondial (31-27, le 4 décembre). « On savait que sur la durée, on serait plus fort physiquement, note le sélectionneur. Le score est exceptionnel, surtout que les Slovènes sont au complet. Pour une reprise, c’est bien. »

Avec cette troisième victoire sans appel, du moins dans les chiffres (+15, après +34 contre l'Italie et le +47 record en Lettonie, en octobre), les Françaises ont pris deux points d'avance sur leurs plus sérieuses concurrentes pour la première place de la poule 4. La qualification pour la phase finale de l'Euro, coorganisée par la Suisse, l'Autriche et la Hongrie, pourrait être réglée dès dimanche (17 h), à Orléans. Olivier Krumbholz le souhaite vivement : ça laisserait plus de temps pour se focaliser sur l'essentiel, les travaux pratiques de la préparation olympique...

SLOVENIE – FRANCE : 20-35 (11-13)

Jeudi 29 février 2024, à Velenje. 1750 spectateurs. 

Arbitres : Mmes Prastalo et Balvan (BOS).
Evolution du score : 3-3 (5') ; 5-4 (10') ; 6-4 (15') ; 7-7 (20') ; 8-10 (25') 11-13 (MT) ; 13-16 (35') ; 15-20 (40') ; 18-25 (45') ; 19-29 (50') ; 20-32 (55') 20-35 (FIN)


FRANCE : Flippes 5/6 ; Foppa 3/4 ; Horacek 3/3 (1/1 penalty) ; Nze Minko (capitaine) 4/5 ; Toublanc ; Valentini 2/5 ; puis Bouktit 1/4 ; Grandveau 0/2 ; Granier 5/5 ; O. Kanor 3/6 ; C. Lassource 4/4 ; D. Lassource ; Nocandy 3/4 ; Zaadi 2/4.

Gardiennes : Glauser (6/17 arrêts en 30 mn, dont 0/2 penaltys) puis Sako (8/17 arrêts en 30 mn, dont 1/1 penalty).

2 minutes : O. Kanor (22'), Foppa (35'). 13 pertes de balle.

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