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France-Suède: qui sera le plus frais ?

Euro

jeudi 25 janvier 2024 - © Yves Michel

 7 min 18 de lecture

Un an après l'avoir battue en demi-finale du Mondial chez elle à Stockholm, la France retrouve la Suède au même niveau, cette fois à l'Euro en Allemagne. D'une année sur l'autre, les Nordiques ont récupéré leur stratège Jim Gottfridsson mais eux qui ont bâclé leur dernier match face à la Norvège, seront-ils plus frais que leur adversaire français ?

Que penser de l’attitude contradictoire adoptée par chacune des deux équipes le soir du dernier match du tour principal ? D’un côté la Suède qui s’est laissé corriger par la Norvège en préservant en tribunes son arrière défenseur Jonathan Carlsbogard et son gardien n°1 Andreas Palicka, en n’utilisant son stratège Jim Gottfridsson qu’un quart d’heure et en lançant des éléments comme Eric Johansson et Karl Wallinius jusque-là, peu utilisés et surtout peu productifs. La sélection nordique en a pris dix et a fait l’objet de critiques dans la presse nationale. Parti pris à l’opposé du côté des Français, déterminés à disputer sans se ménager leur rendez-vous face à la Hongrie. Nikola Karabatic bien mis auparavant à contribution (3h21), s’est retrouvé dans les gradins avec Benoit Kounkoud et Samir Bellahcène, le 1er pour redonner sa chance à Timothey N'Guessan, le 2ème pour remettre en scène Valentin Porte précédemment touché à un genou, le 3ème pour re mobiliser Charles Bolzinger, dont la seule apparition était en début de tournoi face à la Macédoine dun nord. Qui détient la vérité ? Fallait-il pleinement s'engager dans une rencontre sans enjeu ? « Ce n’est pas notre style de balancer les matches, valide Kentin Mahé. Cela en dit long sur notre mentalité. Nous nous sommes dit que nous devions toujours respecter nos adversaires en jouant à fond. Et c’est exactement ce que nous avons fait. » Les joueurs suédois ont eux-mêmes reconnu que leur comportement face aux voisins norvégiens n’avaient pas été le plus digne. 

Outre le fait que ce 23-33 soit la plus grosse défaite enregistrée sous la direction de Glenn Solberg, un tel scénario n’est pas non plus la manière idéale pour psychologiquement préparer une demi-finale. «Je déteste perdre plus que j’aime gagner, martèle Jim Gottfridsson dans un média autochtone. C’est encore pire avec un écart de dix buts et encore pire que ce soit contre la Norvège. Vous ne pouvez pas perdre autant en intensité dans le seul but d’être le plus frais possible pour les demi-finales. Les supporters qui sont venus nous voir, ne se sont pas déplacés pour ça. Cela ne nous ressemble pas. On peut en laisser certains au repos mais il faut que ceux qui sont sur le terrain, soient performants. » Contre la Hongrie, aucun Français ne s’est économisé. Faute de temps. Parmi les plus sollicités mercredi Nedim Remili (33’27), Ludovic Fabregas (32’07) et surtout Dika Mem (36’44). A contrario Kentin Mahé n’a cumulé que 16 minutes sur le parquet et Melvyn Richardson à peine 7. « Cela m’a beaucoup surpris, confesse Jérôme Fernandez. J’ai trouvé que Dika a beaucoup trop joué et Melvyn, pas assez. Cela aurait été intéressant sur certains matches de répartir un petit peu mieux les temps de jeu mais après, le staff sait ce qu’il fait… Peut-être avait-il envie que Dika Mem tienne presque 40 minutes pour qu’il prenne du rythme. C’est vrai qu’ils ont repris beaucoup plus tard que d’habitude et j’ai du mal à me faire une idée de l’état de forme des garçons. Il n’y a pas eu de stage entre Noël et Jour de l’An et en début de compét’, je les ai trouvés un peu patauds. J’imagine que le staff a dû mettre du travail physique pendant cette période-là parce que ça peut payer ensuite quand tu arrives sur le dernier carré. Là, c’est une nouvelle planification, et j’espère qu’on ne va pas caler en demie ou en finale à cause de ça… parce que des joueurs n’ont pas été assez utilisés et d’autres un peu trop. » Au cumul sur les sept rencontres depuis le début de l’Euro, Dika Mem (4h41) est celui qui a passé le plus de temps en activité, suivi par Ludovic Fabregas (4h18), Nedim Remili (3h47), Luka Karabatic (3h36) et Hugo Descat (3h34). Charles Bolzinger (57’) et Timothey N’Guessan (1h) qui ce soir devraient se retrouver en tribunes, ont été les moins sollicités.  



Ce 58ème rendez-vous entre la France et la Suède est devenu depuis quelques années, un classique du genre. Surtout dans le dernier carré puisque la demi-finale a servi de cadre aux trois derniers face-à-face (pour les Bleus, avec deux défaites au Mondial égyptien en 2021 et à l’Euro en Hongrie, l’hiver suivant puis un succès, à Stockholm au championnat du monde). « Ils auront à cœur de faire un très bon match et de nous battre, souffle Valentin Porte, car on les a battus l’an dernier chez eux, je pense qu’ils l’ont encore en travers de la gorge mais ça sera un autre match, on verra ce que ça donne. » Retour en janvier 2023, dans la capitale suédoise et dans la Tele2 Arena où les 23 000 spectateurs sont en majorité favorables aux joueurs au maillot jaune. Seulement voilà, un pion et non des moindres, fait défaut sur l'échiquier. Lors du quart de finale contre l’Egypte, Jim Gottfridsson s’est fracturé la main. Ce vendredi, il sera bien dans la liste des seize. «Certains disent qu’on a gagné parce que Jim n’était pas là, rapporte Nedim Rémili.» L'an passé, même dans la travée proche du banc suédois, le demi-centre de Flensbourg n’épargne pas ses encouragements, Felix Claar son remplaçant désigné, ne signe pas la performance escomptée et les Nordiques s’inclinent (26-31). « On fait souvent une fixette sur Jim Gottfridsson mais il n’y a pas que lui, prévient Guillaume Gille. C’est, par exemple, une des équipes qui se projette le plus vite en montée de balle, avec deux ailiers très rapides. Se focaliser sur lui serait une erreur, même si c’est un excellent joueur. Une chose est sûre, ce sera un affrontement en haute altitude. Nous avons les armes pour aller en finale, mais cela va être un très gros combat. » Avis partagé par l’ancien capitaine et meilleur buteur de l’histoire des Bleus. Son constat: l’équipe de France version 2024 est séduisante, a les atouts pour renverser n’importe quel adversaire mais demeure perfectible. « L'équipe est bien en place avec des gars très solidaires et qui font jusqu’à maintenant, une belle compétition, analyse Jérôme Fernandez. Mais je trouve qu’en défense, on peut encore monter d’un cran parce qu’on n’aide pas nos gardiens aussi bien qu’on pourrait le faire. Sur leurs qualités individuelles, ils sont capables de se hisser au niveau d’Andreas (Palicka), ils n’ont pas, c’est vrai, son expérience mais sur ce qu’a montré Samir (Bellahcène) face à l’Autriche, je suis rassuré. Il suffit que l’un d’entre eux réédite ce type de performance et la France battra la Suède. » La perf’ serait elle aussi, de taille puisque les Tricolores disputeraient leur 12ème finale (dont neuf gagnées) toutes compétitions confondues en seize ans. 



Quand Andreas Palicka défend les gardiens français

Celui qui depuis deux saisons excelle dans la cage parisienne, est à 37 ans, le plus capé de la Suède avec près de 160 sélections. Son autorité et ses qualités au sein de la formation nordique forcent l'admiration. Ce jeudi, veille de demi-finale, il a été surtout interrogé sur le niveau des gardiens français qu’un journaliste suédois jugeait bien en-deçà de sa performance ou celle de Tobias Thulin. Selon notre confrère, les portiers tricolores sont le point faible de l’équipe. « Mais comment peut-on prétendre cela ! s’est agacé Andreas Palicka. C’est complètement absurde. Je trouve même à la limite, que c’est irrespectueux envers eux. Samir Bellahcène joue désormais à Kiel et il a plusieurs fois sauvé l’équipe, il joue à un niveau incroyable. En plus, c’est un gars charmant. Ensuite, il y a les deux Montpelliérains qui ont derrière eux d’incroyables belles saisons, ce sont deux styles de jeu complètement différents. Je pense donc que la France a trois bons gardiens. » Sur cet Euro, Samir Bellahcène est dans les mêmes standards que le Danois Niklas Landin alors que l'autre Danois Emil Nielsen est bien au-dessus et l’Allemand Andy Wolff... intouchable. Les Suédois (Palicka et Thulin) sont au coude à coude derrière le Français de Kiel. Rémi Desbonnet lui, est bien après.

LE PROGRAMME 

Vendredi  26 janvier, Lanxess Arena (Cologne)

 Place 4-5

 15h00

 HONGRIE

 SLOVENIE

 Demi-finale 1

 17h45

 FRANCE

 SUEDE

 Demi-finale 2

 20h30

 ALLEMAGNE

 DANEMARK

France-Suède: qui sera le plus frais ?  

Euro

jeudi 25 janvier 2024 - © Yves Michel

 7 min 18 de lecture

Un an après l'avoir battue en demi-finale du Mondial chez elle à Stockholm, la France retrouve la Suède au même niveau, cette fois à l'Euro en Allemagne. D'une année sur l'autre, les Nordiques ont récupéré leur stratège Jim Gottfridsson mais eux qui ont bâclé leur dernier match face à la Norvège, seront-ils plus frais que leur adversaire français ?

Que penser de l’attitude contradictoire adoptée par chacune des deux équipes le soir du dernier match du tour principal ? D’un côté la Suède qui s’est laissé corriger par la Norvège en préservant en tribunes son arrière défenseur Jonathan Carlsbogard et son gardien n°1 Andreas Palicka, en n’utilisant son stratège Jim Gottfridsson qu’un quart d’heure et en lançant des éléments comme Eric Johansson et Karl Wallinius jusque-là, peu utilisés et surtout peu productifs. La sélection nordique en a pris dix et a fait l’objet de critiques dans la presse nationale. Parti pris à l’opposé du côté des Français, déterminés à disputer sans se ménager leur rendez-vous face à la Hongrie. Nikola Karabatic bien mis auparavant à contribution (3h21), s’est retrouvé dans les gradins avec Benoit Kounkoud et Samir Bellahcène, le 1er pour redonner sa chance à Timothey N'Guessan, le 2ème pour remettre en scène Valentin Porte précédemment touché à un genou, le 3ème pour re mobiliser Charles Bolzinger, dont la seule apparition était en début de tournoi face à la Macédoine dun nord. Qui détient la vérité ? Fallait-il pleinement s'engager dans une rencontre sans enjeu ? « Ce n’est pas notre style de balancer les matches, valide Kentin Mahé. Cela en dit long sur notre mentalité. Nous nous sommes dit que nous devions toujours respecter nos adversaires en jouant à fond. Et c’est exactement ce que nous avons fait. » Les joueurs suédois ont eux-mêmes reconnu que leur comportement face aux voisins norvégiens n’avaient pas été le plus digne. 

Outre le fait que ce 23-33 soit la plus grosse défaite enregistrée sous la direction de Glenn Solberg, un tel scénario n’est pas non plus la manière idéale pour psychologiquement préparer une demi-finale. «Je déteste perdre plus que j’aime gagner, martèle Jim Gottfridsson dans un média autochtone. C’est encore pire avec un écart de dix buts et encore pire que ce soit contre la Norvège. Vous ne pouvez pas perdre autant en intensité dans le seul but d’être le plus frais possible pour les demi-finales. Les supporters qui sont venus nous voir, ne se sont pas déplacés pour ça. Cela ne nous ressemble pas. On peut en laisser certains au repos mais il faut que ceux qui sont sur le terrain, soient performants. » Contre la Hongrie, aucun Français ne s’est économisé. Faute de temps. Parmi les plus sollicités mercredi Nedim Remili (33’27), Ludovic Fabregas (32’07) et surtout Dika Mem (36’44). A contrario Kentin Mahé n’a cumulé que 16 minutes sur le parquet et Melvyn Richardson à peine 7. « Cela m’a beaucoup surpris, confesse Jérôme Fernandez. J’ai trouvé que Dika a beaucoup trop joué et Melvyn, pas assez. Cela aurait été intéressant sur certains matches de répartir un petit peu mieux les temps de jeu mais après, le staff sait ce qu’il fait… Peut-être avait-il envie que Dika Mem tienne presque 40 minutes pour qu’il prenne du rythme. C’est vrai qu’ils ont repris beaucoup plus tard que d’habitude et j’ai du mal à me faire une idée de l’état de forme des garçons. Il n’y a pas eu de stage entre Noël et Jour de l’An et en début de compét’, je les ai trouvés un peu patauds. J’imagine que le staff a dû mettre du travail physique pendant cette période-là parce que ça peut payer ensuite quand tu arrives sur le dernier carré. Là, c’est une nouvelle planification, et j’espère qu’on ne va pas caler en demie ou en finale à cause de ça… parce que des joueurs n’ont pas été assez utilisés et d’autres un peu trop. » Au cumul sur les sept rencontres depuis le début de l’Euro, Dika Mem (4h41) est celui qui a passé le plus de temps en activité, suivi par Ludovic Fabregas (4h18), Nedim Remili (3h47), Luka Karabatic (3h36) et Hugo Descat (3h34). Charles Bolzinger (57’) et Timothey N’Guessan (1h) qui ce soir devraient se retrouver en tribunes, ont été les moins sollicités.  



Ce 58ème rendez-vous entre la France et la Suède est devenu depuis quelques années, un classique du genre. Surtout dans le dernier carré puisque la demi-finale a servi de cadre aux trois derniers face-à-face (pour les Bleus, avec deux défaites au Mondial égyptien en 2021 et à l’Euro en Hongrie, l’hiver suivant puis un succès, à Stockholm au championnat du monde). « Ils auront à cœur de faire un très bon match et de nous battre, souffle Valentin Porte, car on les a battus l’an dernier chez eux, je pense qu’ils l’ont encore en travers de la gorge mais ça sera un autre match, on verra ce que ça donne. » Retour en janvier 2023, dans la capitale suédoise et dans la Tele2 Arena où les 23 000 spectateurs sont en majorité favorables aux joueurs au maillot jaune. Seulement voilà, un pion et non des moindres, fait défaut sur l'échiquier. Lors du quart de finale contre l’Egypte, Jim Gottfridsson s’est fracturé la main. Ce vendredi, il sera bien dans la liste des seize. «Certains disent qu’on a gagné parce que Jim n’était pas là, rapporte Nedim Rémili.» L'an passé, même dans la travée proche du banc suédois, le demi-centre de Flensbourg n’épargne pas ses encouragements, Felix Claar son remplaçant désigné, ne signe pas la performance escomptée et les Nordiques s’inclinent (26-31). « On fait souvent une fixette sur Jim Gottfridsson mais il n’y a pas que lui, prévient Guillaume Gille. C’est, par exemple, une des équipes qui se projette le plus vite en montée de balle, avec deux ailiers très rapides. Se focaliser sur lui serait une erreur, même si c’est un excellent joueur. Une chose est sûre, ce sera un affrontement en haute altitude. Nous avons les armes pour aller en finale, mais cela va être un très gros combat. » Avis partagé par l’ancien capitaine et meilleur buteur de l’histoire des Bleus. Son constat: l’équipe de France version 2024 est séduisante, a les atouts pour renverser n’importe quel adversaire mais demeure perfectible. « L'équipe est bien en place avec des gars très solidaires et qui font jusqu’à maintenant, une belle compétition, analyse Jérôme Fernandez. Mais je trouve qu’en défense, on peut encore monter d’un cran parce qu’on n’aide pas nos gardiens aussi bien qu’on pourrait le faire. Sur leurs qualités individuelles, ils sont capables de se hisser au niveau d’Andreas (Palicka), ils n’ont pas, c’est vrai, son expérience mais sur ce qu’a montré Samir (Bellahcène) face à l’Autriche, je suis rassuré. Il suffit que l’un d’entre eux réédite ce type de performance et la France battra la Suède. » La perf’ serait elle aussi, de taille puisque les Tricolores disputeraient leur 12ème finale (dont neuf gagnées) toutes compétitions confondues en seize ans. 



Quand Andreas Palicka défend les gardiens français

Celui qui depuis deux saisons excelle dans la cage parisienne, est à 37 ans, le plus capé de la Suède avec près de 160 sélections. Son autorité et ses qualités au sein de la formation nordique forcent l'admiration. Ce jeudi, veille de demi-finale, il a été surtout interrogé sur le niveau des gardiens français qu’un journaliste suédois jugeait bien en-deçà de sa performance ou celle de Tobias Thulin. Selon notre confrère, les portiers tricolores sont le point faible de l’équipe. « Mais comment peut-on prétendre cela ! s’est agacé Andreas Palicka. C’est complètement absurde. Je trouve même à la limite, que c’est irrespectueux envers eux. Samir Bellahcène joue désormais à Kiel et il a plusieurs fois sauvé l’équipe, il joue à un niveau incroyable. En plus, c’est un gars charmant. Ensuite, il y a les deux Montpelliérains qui ont derrière eux d’incroyables belles saisons, ce sont deux styles de jeu complètement différents. Je pense donc que la France a trois bons gardiens. » Sur cet Euro, Samir Bellahcène est dans les mêmes standards que le Danois Niklas Landin alors que l'autre Danois Emil Nielsen est bien au-dessus et l’Allemand Andy Wolff... intouchable. Les Suédois (Palicka et Thulin) sont au coude à coude derrière le Français de Kiel. Rémi Desbonnet lui, est bien après.

LE PROGRAMME 

Vendredi  26 janvier, Lanxess Arena (Cologne)

 Place 4-5

 15h00

 HONGRIE

 SLOVENIE

 Demi-finale 1

 17h45

 FRANCE

 SUEDE

 Demi-finale 2

 20h30

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