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Les U19 en peine d'arguments pour se rassurer

International

dimanche 16 octobre 2022 - © Yves Michel

 7 min 18 de lecture

Les deux 1ers matches contre le Portugal et la Hongrie ayant été plus ou moins maîtrisés, on aurait pu penser que la remise en question entamée par le staff tricolore après l'avanie de l'Euro estival avait porté ses fruits. Malheureusement, en finale du tournoi Tiby, la Croatie a renvoyé la France face à ses limites. Les partenaires de Reyhan Zuzo ont été broyés par le rouleau compresseur des Balkans et terminent la compétition sur un goût d'inachevé.

Il y a deux mois à peine, lorsque l’équipe de France génération 2004-2005 était sortie de l’Euro disputé au Monténégro complètement anéantie par une 14ème place (sur 16 participants) bien peu reluisante, les interrogations n’avaient pas manqué d’affluer et une remise en cause s’avérait nécessaire. Sur l’approche à avoir des futures échéances, sur le choix des joueurs retenus, sur le projet de jeu à certainement (re)définir et pourquoi pas, sur la légitimité du staff en place. La Direction Technique Nationale et son patron Pascal Bourgeais se sont vite mis au travail. Pas de changements spectaculaires puisque l’équipe technique existante a été maintenue mais plutôt, une recomposition de l’effectif avec l’apparition de nouvelles têtes ou le retour d’éléments qui n’étaient pas impliqués dans le naufrage de Podgorica. Le challenge Tiby était le cadre rêvé pour une 1ère évaluation. On peut quand même s’étonner de l’absence de deux éléments moteurs de cette génération, l'arrière droit ivryen Henri Kirtz et l’arrière gauche cristollien Keyliane Traoré qui ont été surclassés et priés de rejoindre le groupe dirigé par Yohan Delattre en partance pour un stage de préparation en Hongrie. Une promotion certes mais avait-on les moyens de s’offrir ce luxe surtout après les déboires estivaux et ce, même si les U19 n'ont malheureusement plus grand chose à jouer en compétition officielle (voir plus bas) ? Ajoutez à cela quelques blessés comme l’ailier droit de Nîmes Rémi Peyre et le demi-centre nantais Alban Simonnet, et c’est une équipe new-look qui a été alignée dans le Val d’Oise. 

Vendredi face un Portugal qui avait surtout fait confiance à des 2006-2007, les Tricolores ont mis une mi-temps et demi à se débarrasser de leur adversaire. Manque de précision dans les tirs, absence de continuité dans les intentions, c’est une équipe de France sur courant alternatif qui grâce à une certaine solidité en défense, à la réussite de Pierre Alexis Favril (8 buts), à la vista de son maître à jouer Reyhan Zuzo et à la vigilance de son gardien Yann Pichon, qui va largement s’imposer (31-22). Il y avait eu une étincelle dans le dernier quart d’heure, un vrai plaisir à s’exprimer malgré un déchet encore un peu trop important en attaque. Des éléments avaient réussi à se faire positivement remarquer comme le Montpelliérain Prat dont on a apprécié l’explosivité malgré une finition imparfaite, les pivots Lanfranchi (Dijon) et Bonidan (Nîmes) et leur débauche d’efforts en défense et l’entrée en impact player du Gardois Martin Guibert. 

Zuzo en apesanteur

Samedi, face à la Hongrie qui avait terminé 4ème du dernier Euro, la marche était encore plus haute. Les Français vont attaquer la confrontation avec suffisamment de rigueur et de justesse pour prendre les Magyars à la gorge et ne pas leur donner le temps de respirer. Les points forts tricolores: une activité accrue par rapport à la veille en défense contraignant l’adversaire à cafouiller ses ballons avec Yann Pichon en état de grâce (le portier de Cesson le sera durant tout le match), une vitesse d’exécution en attaque et un ensemble totalement métamorphosé. Et dans cette euphorie générale, un joueur a véritablement brillé. Aux deux extrémités du terrain. Reyhan Zuzo (photo de tête) a de qui tenir. Ce gamin-là respire le handball. Formé à l’école lyonnaise, le demi-centre a du Kentin Mahé dans sa façon d’évoluer. Insatiable harceleur, il n’a pas son pareil pour bondir sur chacun des ballons que l’adversaire a le malheur de laisser traîner. Il a véritablement survolé la rencontre, marqué des buts mais également mis en valeur ses partenaires en leur distribuant de véritables caviars. La France sur cette dynamique était intouchable et les Hongrois en ont fait les frais (14-8 à la pause, 28-22 à la fin du match). Si Pichon (photo du bas) a été lui aussi déterminant, son relais, le Chambérien Adrien Seguin a pu montrer ses qualités et lorsqu’en seconde période, les Magyars ont donné l’impression de revenir dans le match, c’est lui qui va compenser les carences de son équipe. Un relâchement tricolore qui va se confirmer dans le money-time par manque de lucidité et de vivacité (23-20 à la 54ème). Comme par enchantement, c’est encore une fois Reyhan Zuzo en lévitation qui va trouver les ressources et éloigner le danger. 

En panne d'essence 

Pour remporter le Tiby, il ne restait plus aux Français qu’à prendre la mesure de la Croatie (5ème au dernier Euro). On était loin du contexte où il s’agissait de battre les Iles Féroé ou l’Italie. Et là, les Bleuets sont tombés sur un écueil plutôt épineux. Pire même, ils ne vont jamais (ou presque) entrer dans le match et être plus spectateurs qu’acteurs. Rien ne va fonctionner. En attaque, face à l'articulation très étagée des joueurs au maillot à damiers comme en défense où leur adversaire a su mettre à profit des situations diverses et variées. Quatre buts encaissés sans ne rien marquer en à peine 4 minutes, des transmissions à l’emporte-pièce à la chaîne, un arrière droit totalement pris dans la nasse et hors sujet, un manque d’intensité dans les duels, des 7 mètres ratés, les véloces gaillards croates n’auront même pas à forcer leur talent pour aggraver la marque. D’autant que la France, contrainte à prendre des risques face à un adversaire passé maître dans l’art de couper les relations, va lâcher des ballons et totalement déjouer. Le coach Pascal Person avait posé deux de ses temps morts en moins de deux minutes sans que ses joueurs ne corrigent leurs défauts. Aucune solution ne va être apportée pour attaquer la 1-2-3 imposée par les Croates. Les arrières latéraux bien trop haut dans leur positionnement défensif vont laisser des boulevards et se faire irrémédiablement déborder. Durant trente minutes, la Croatie s’est essuyée les pieds sur des Français en mal de repères que personne dans le staff n’a su leur donner. Avec neuf longueurs d’écart à la pause (9-18), il était évident qu’il faudrait un second acte sorti des couloirs du temps pour renverser la tendance. Le retour des vestiaires va s’avérer catastrophique. Un 1er ballon intercepté, un passage en force, un autre ballon laissé en route, tout ce qu’il ne fallait pas faire pour retrouver un soupçon de confiance. L’adversaire lui, n’avait plus qu’à mener à terme ses contre-attaques ou son jeu placé. Pascal Person lâchait son 3ème carton vert, sept minutes seulement après cette reprise. Il faudra attendre l’amorce du dernier quart d’heure et une double exclusion croate pour assister à un sursaut (bien tardif) des Tricolores. Mais le mal était fait et malgré un 4-0, le déficit était encore trop large à combler (17-25 à la 48ème).  La Croatie va baisser d’intensité mais rester toujours vigilante notamment par l’intermédiaire de son gardien Tin Herceg. Même si ces dernières quinze minutes sont encourageantes, ce qui a été produit juste avant que les Croates ne desserrent leur étau, est trop éloigné du niveau digne d'une équipe française qui de surcroit, évolue devant son public. La défaite (24-31) est lourde mais logique. 

Le chantier est vaste et la remise en question encore d’actualité. Des remèdes devront être trouvés pour que cette génération ne soit pas négativement montrée du doigt. Les techniciens ont le temps d'envisager la suite puisqu'avec leur contreperformance estivale, les Bleuets ne sont pas conviés (sauf improbable désistement) au Mondial qui aura lieu l'été prochain en Croatie. Un an plus tard, ils auront changé de catégorie mais découvriront les affres d'une participation à un Euro de 2ème zone. Loin des nations majeures que sont l'Espagne, la Suède, l'Allemagne, la Hongrie ou la Croatie. 



Les résultats du Tiby U19 2022

 MATCHES 

 M-T

 FIN

 Stats

 Croatie - Hongrie 

 16-18

 27-29

 France - Portugal 

 14-10

 31-22

 ICI

 Portugal - Croatie 

 8-18

 20-40

 

 France - Hongrie

 14-8

 28-22

 ICI

 Hongrie - Portugal 

 21-20

 32-33

 

 France - Croatie 

 9-18

 24-31

 ICI

La Croatie remporte le tournoi (9 pts) devant la France (7), la Hongrie (4) et le Portugal (4)

Les U19 en peine d'arguments pour se rassurer  

International

dimanche 16 octobre 2022 - © Yves Michel

 7 min 18 de lecture

Les deux 1ers matches contre le Portugal et la Hongrie ayant été plus ou moins maîtrisés, on aurait pu penser que la remise en question entamée par le staff tricolore après l'avanie de l'Euro estival avait porté ses fruits. Malheureusement, en finale du tournoi Tiby, la Croatie a renvoyé la France face à ses limites. Les partenaires de Reyhan Zuzo ont été broyés par le rouleau compresseur des Balkans et terminent la compétition sur un goût d'inachevé.

Il y a deux mois à peine, lorsque l’équipe de France génération 2004-2005 était sortie de l’Euro disputé au Monténégro complètement anéantie par une 14ème place (sur 16 participants) bien peu reluisante, les interrogations n’avaient pas manqué d’affluer et une remise en cause s’avérait nécessaire. Sur l’approche à avoir des futures échéances, sur le choix des joueurs retenus, sur le projet de jeu à certainement (re)définir et pourquoi pas, sur la légitimité du staff en place. La Direction Technique Nationale et son patron Pascal Bourgeais se sont vite mis au travail. Pas de changements spectaculaires puisque l’équipe technique existante a été maintenue mais plutôt, une recomposition de l’effectif avec l’apparition de nouvelles têtes ou le retour d’éléments qui n’étaient pas impliqués dans le naufrage de Podgorica. Le challenge Tiby était le cadre rêvé pour une 1ère évaluation. On peut quand même s’étonner de l’absence de deux éléments moteurs de cette génération, l'arrière droit ivryen Henri Kirtz et l’arrière gauche cristollien Keyliane Traoré qui ont été surclassés et priés de rejoindre le groupe dirigé par Yohan Delattre en partance pour un stage de préparation en Hongrie. Une promotion certes mais avait-on les moyens de s’offrir ce luxe surtout après les déboires estivaux et ce, même si les U19 n'ont malheureusement plus grand chose à jouer en compétition officielle (voir plus bas) ? Ajoutez à cela quelques blessés comme l’ailier droit de Nîmes Rémi Peyre et le demi-centre nantais Alban Simonnet, et c’est une équipe new-look qui a été alignée dans le Val d’Oise. 

Vendredi face un Portugal qui avait surtout fait confiance à des 2006-2007, les Tricolores ont mis une mi-temps et demi à se débarrasser de leur adversaire. Manque de précision dans les tirs, absence de continuité dans les intentions, c’est une équipe de France sur courant alternatif qui grâce à une certaine solidité en défense, à la réussite de Pierre Alexis Favril (8 buts), à la vista de son maître à jouer Reyhan Zuzo et à la vigilance de son gardien Yann Pichon, qui va largement s’imposer (31-22). Il y avait eu une étincelle dans le dernier quart d’heure, un vrai plaisir à s’exprimer malgré un déchet encore un peu trop important en attaque. Des éléments avaient réussi à se faire positivement remarquer comme le Montpelliérain Prat dont on a apprécié l’explosivité malgré une finition imparfaite, les pivots Lanfranchi (Dijon) et Bonidan (Nîmes) et leur débauche d’efforts en défense et l’entrée en impact player du Gardois Martin Guibert. 

Zuzo en apesanteur

Samedi, face à la Hongrie qui avait terminé 4ème du dernier Euro, la marche était encore plus haute. Les Français vont attaquer la confrontation avec suffisamment de rigueur et de justesse pour prendre les Magyars à la gorge et ne pas leur donner le temps de respirer. Les points forts tricolores: une activité accrue par rapport à la veille en défense contraignant l’adversaire à cafouiller ses ballons avec Yann Pichon en état de grâce (le portier de Cesson le sera durant tout le match), une vitesse d’exécution en attaque et un ensemble totalement métamorphosé. Et dans cette euphorie générale, un joueur a véritablement brillé. Aux deux extrémités du terrain. Reyhan Zuzo (photo de tête) a de qui tenir. Ce gamin-là respire le handball. Formé à l’école lyonnaise, le demi-centre a du Kentin Mahé dans sa façon d’évoluer. Insatiable harceleur, il n’a pas son pareil pour bondir sur chacun des ballons que l’adversaire a le malheur de laisser traîner. Il a véritablement survolé la rencontre, marqué des buts mais également mis en valeur ses partenaires en leur distribuant de véritables caviars. La France sur cette dynamique était intouchable et les Hongrois en ont fait les frais (14-8 à la pause, 28-22 à la fin du match). Si Pichon (photo du bas) a été lui aussi déterminant, son relais, le Chambérien Adrien Seguin a pu montrer ses qualités et lorsqu’en seconde période, les Magyars ont donné l’impression de revenir dans le match, c’est lui qui va compenser les carences de son équipe. Un relâchement tricolore qui va se confirmer dans le money-time par manque de lucidité et de vivacité (23-20 à la 54ème). Comme par enchantement, c’est encore une fois Reyhan Zuzo en lévitation qui va trouver les ressources et éloigner le danger. 

En panne d'essence 

Pour remporter le Tiby, il ne restait plus aux Français qu’à prendre la mesure de la Croatie (5ème au dernier Euro). On était loin du contexte où il s’agissait de battre les Iles Féroé ou l’Italie. Et là, les Bleuets sont tombés sur un écueil plutôt épineux. Pire même, ils ne vont jamais (ou presque) entrer dans le match et être plus spectateurs qu’acteurs. Rien ne va fonctionner. En attaque, face à l'articulation très étagée des joueurs au maillot à damiers comme en défense où leur adversaire a su mettre à profit des situations diverses et variées. Quatre buts encaissés sans ne rien marquer en à peine 4 minutes, des transmissions à l’emporte-pièce à la chaîne, un arrière droit totalement pris dans la nasse et hors sujet, un manque d’intensité dans les duels, des 7 mètres ratés, les véloces gaillards croates n’auront même pas à forcer leur talent pour aggraver la marque. D’autant que la France, contrainte à prendre des risques face à un adversaire passé maître dans l’art de couper les relations, va lâcher des ballons et totalement déjouer. Le coach Pascal Person avait posé deux de ses temps morts en moins de deux minutes sans que ses joueurs ne corrigent leurs défauts. Aucune solution ne va être apportée pour attaquer la 1-2-3 imposée par les Croates. Les arrières latéraux bien trop haut dans leur positionnement défensif vont laisser des boulevards et se faire irrémédiablement déborder. Durant trente minutes, la Croatie s’est essuyée les pieds sur des Français en mal de repères que personne dans le staff n’a su leur donner. Avec neuf longueurs d’écart à la pause (9-18), il était évident qu’il faudrait un second acte sorti des couloirs du temps pour renverser la tendance. Le retour des vestiaires va s’avérer catastrophique. Un 1er ballon intercepté, un passage en force, un autre ballon laissé en route, tout ce qu’il ne fallait pas faire pour retrouver un soupçon de confiance. L’adversaire lui, n’avait plus qu’à mener à terme ses contre-attaques ou son jeu placé. Pascal Person lâchait son 3ème carton vert, sept minutes seulement après cette reprise. Il faudra attendre l’amorce du dernier quart d’heure et une double exclusion croate pour assister à un sursaut (bien tardif) des Tricolores. Mais le mal était fait et malgré un 4-0, le déficit était encore trop large à combler (17-25 à la 48ème).  La Croatie va baisser d’intensité mais rester toujours vigilante notamment par l’intermédiaire de son gardien Tin Herceg. Même si ces dernières quinze minutes sont encourageantes, ce qui a été produit juste avant que les Croates ne desserrent leur étau, est trop éloigné du niveau digne d'une équipe française qui de surcroit, évolue devant son public. La défaite (24-31) est lourde mais logique. 

Le chantier est vaste et la remise en question encore d’actualité. Des remèdes devront être trouvés pour que cette génération ne soit pas négativement montrée du doigt. Les techniciens ont le temps d'envisager la suite puisqu'avec leur contreperformance estivale, les Bleuets ne sont pas conviés (sauf improbable désistement) au Mondial qui aura lieu l'été prochain en Croatie. Un an plus tard, ils auront changé de catégorie mais découvriront les affres d'une participation à un Euro de 2ème zone. Loin des nations majeures que sont l'Espagne, la Suède, l'Allemagne, la Hongrie ou la Croatie. 



Les résultats du Tiby U19 2022

 MATCHES 

 M-T

 FIN

 Stats

 Croatie - Hongrie 

 16-18

 27-29

 France - Portugal 

 14-10

 31-22

 ICI

 Portugal - Croatie 

 8-18

 20-40

 

 France - Hongrie

 14-8

 28-22

 ICI

 Hongrie - Portugal 

 21-20

 32-33

 

 France - Croatie 

 9-18

 24-31

 ICI

La Croatie remporte le tournoi (9 pts) devant la France (7), la Hongrie (4) et le Portugal (4)

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