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Nice, théâtre des rêves d'Ehsan Abdelmalek

LBE

vendredi 19 août 2022 - © Laurent Hoppe

 4 min 7 de lecture

La demi-centre égyptienne ambitionnait de réussir dans le championnat de France. D'en devenir la meilleure buteuse. De servir la cause du sport féminin dans son pays. Impliquée des sept des dix saisons de l'OGCN dans l'élite, elle a fini par cocher toutes les cases. Pilier du projet désormais piloté par Clément Alcacer, la capitaine azuréenne continuera de l'endosser à la rentrée, dans quinze jours. A bientôt 36 ans, ce sera loin d'être sa dernière saison en rouge et noir.

Qu'elle tire au but avec les pieds ou le bras droit, Ehsan Abdelmalek trouve toujours le moyen de momifier les défenses adverses. Dans une carrière parallèle lointaine, un temps simultanée avec le hand, elle a été meilleure buteuse du championnat d'Egypte de football. Au printemps 2022, la Niçoise trônait aussi au sommet de la pyramide de la Ligue française de balle collante, après avoir gravi 143 marches, comme son nombre de réalisations en 22 matches (dont 45 penaltys). Une statistique... pharaonique, qui a possiblement incité nombre de votants à lui apporter leurs suffrages pour désigner la joueuse de la saison (parmi celles des huit mois de compétition régulière).

 

Là où le commun des consoeurs minimiserait l'importance de tels chiffres et honneurs, la capitaine de Nice est allergique à la langue de bois. Préfère zyeuter dans le rétro pour mesurer le chemin parcouru jusqu'à cette « grosse saison », la plus aboutie des sept déjà passées avec l'OGCN. « Je suis en France depuis 2010, seule, sans ma famille. J'ai laissé tout en Egypte pour le handball. Finir meilleure buteuse et meilleure joueuse du championnat de France, un championnat très dur, c'est une fierté pour moi, pour ma famille. »  

 

Déjà prolifique en D2

 

Quand elle a traversé la Méditerranée il y a 12 ans, quelques mois avant le Printemps arabe, l'ancienne joueuse d'Al-Ahly était une pionnière. La première internationale égyptienne à évoluer en France. A l'étranger tout court. Elle mettra cinq ans avant de concrétiser son projet initial, « jouer en D1 ». Son premier port d'attache a été Aunis, le club rochelais alors en N1. « Je suis montée (en 2013), j'ai fini deux fois meilleure buteuse de D2, j'ai fait mon maximum. » De la côte Atlantique à celle d'Azur, Abdelmalek reste en mission. Son idée fixe : performer pour faire exister le handball féminin dans son pays, le développer pour se rapprocher des messieurs, encore demi-finalistes olympiques l'an dernier. « Tout le monde parle très bien de moi. Je suis un exemple pour beaucoup de filles là-bas. Ca me donne de la fierté, beaucoup de confiance en moi, mais aussi des responsabilités. »

 

Elle les assume sans ciller, à l'image de ce capitanat attribué à l'orée de l'exercice 2016-17, consécutif à une saison d'adaptation niçoise « un peu compliquée ». Une marque de confiance, de reconnaissance, décisive dans le plan de carrière. « Très heureuse » dans la préfecture des Alpes-Maritimes, la Cairote aux quelque 700 buts en rouge et noir toutes compétitions confondues y a resigné pour trois ans. En 2025, ça lui en fera dix. Comme le nombre de saisons, à ce jour, de l'OGCN en Ligue féminine. « J'adore cette ville, belle et calme. Les gens sont gentils, les températures sont comme en Egypte (rires). Je donne tout pour ce club, qui m'a tout donné et me respecte. Je suis ici chez moi. »

 

 

« La pression, c'est pas chez nous ! » 

Il ne manque qu'un titre collectif pour embellir l'intérieur... « C'est mon rêve, depuis mon premier jour à Nice », s'exclame celle qui n'en manque décidément pas. Finaliste de la Coupe de la Ligue 2016 et de LFH il y a trois ans, le Gym d'Abdelmalek est passé deux fois très près d'ajouter une ligne au palmarès, dix ans après le titre de D2 et l'accession. La chance repassera-t-elle avant la fin d'une carrière plus proche de la fin que du début ? En championnat, compliqué de titiller le duopole Metz/Brest, concède la numéro 86, qui place davantage d'espoirs dans la Coupe de France. Ses priorités d'avant-saison (match d'ouverture le 3 septembre, à Celles-sur-Belle) sont invariables : « ne pas me blesser, aider mon équipe, aller loin avec elle si possible. »

 

Et à l'orée d'un nouveau cycle, avec un nouveau tacticien (Clément Alcacer, successeur de Marjan Kolev venu du centre de formation de Metz), la position de l'outsider, cohérente pour des abonnées au milieu de tableau (*), sied à l'une des taulières de l'effectif (avec Colic, Skolkova ou Prouvensier). « La pression, c'est pas chez nous ! », envoie-t-elle. Le mérite de la clarté, encore et toujours.


(*) Nice s'est classé 7ème en 2021-22, 8ème en 2020-21, 6ème en 19-20 (saison inachevée).

Nice, théâtre des rêves d'Ehsan Abdelmalek 

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vendredi 19 août 2022 - © Laurent Hoppe

 4 min 7 de lecture

La demi-centre égyptienne ambitionnait de réussir dans le championnat de France. D'en devenir la meilleure buteuse. De servir la cause du sport féminin dans son pays. Impliquée des sept des dix saisons de l'OGCN dans l'élite, elle a fini par cocher toutes les cases. Pilier du projet désormais piloté par Clément Alcacer, la capitaine azuréenne continuera de l'endosser à la rentrée, dans quinze jours. A bientôt 36 ans, ce sera loin d'être sa dernière saison en rouge et noir.

Qu'elle tire au but avec les pieds ou le bras droit, Ehsan Abdelmalek trouve toujours le moyen de momifier les défenses adverses. Dans une carrière parallèle lointaine, un temps simultanée avec le hand, elle a été meilleure buteuse du championnat d'Egypte de football. Au printemps 2022, la Niçoise trônait aussi au sommet de la pyramide de la Ligue française de balle collante, après avoir gravi 143 marches, comme son nombre de réalisations en 22 matches (dont 45 penaltys). Une statistique... pharaonique, qui a possiblement incité nombre de votants à lui apporter leurs suffrages pour désigner la joueuse de la saison (parmi celles des huit mois de compétition régulière).

 

Là où le commun des consoeurs minimiserait l'importance de tels chiffres et honneurs, la capitaine de Nice est allergique à la langue de bois. Préfère zyeuter dans le rétro pour mesurer le chemin parcouru jusqu'à cette « grosse saison », la plus aboutie des sept déjà passées avec l'OGCN. « Je suis en France depuis 2010, seule, sans ma famille. J'ai laissé tout en Egypte pour le handball. Finir meilleure buteuse et meilleure joueuse du championnat de France, un championnat très dur, c'est une fierté pour moi, pour ma famille. »  

 

Déjà prolifique en D2

 

Quand elle a traversé la Méditerranée il y a 12 ans, quelques mois avant le Printemps arabe, l'ancienne joueuse d'Al-Ahly était une pionnière. La première internationale égyptienne à évoluer en France. A l'étranger tout court. Elle mettra cinq ans avant de concrétiser son projet initial, « jouer en D1 ». Son premier port d'attache a été Aunis, le club rochelais alors en N1. « Je suis montée (en 2013), j'ai fini deux fois meilleure buteuse de D2, j'ai fait mon maximum. » De la côte Atlantique à celle d'Azur, Abdelmalek reste en mission. Son idée fixe : performer pour faire exister le handball féminin dans son pays, le développer pour se rapprocher des messieurs, encore demi-finalistes olympiques l'an dernier. « Tout le monde parle très bien de moi. Je suis un exemple pour beaucoup de filles là-bas. Ca me donne de la fierté, beaucoup de confiance en moi, mais aussi des responsabilités. »

 

Elle les assume sans ciller, à l'image de ce capitanat attribué à l'orée de l'exercice 2016-17, consécutif à une saison d'adaptation niçoise « un peu compliquée ». Une marque de confiance, de reconnaissance, décisive dans le plan de carrière. « Très heureuse » dans la préfecture des Alpes-Maritimes, la Cairote aux quelque 700 buts en rouge et noir toutes compétitions confondues y a resigné pour trois ans. En 2025, ça lui en fera dix. Comme le nombre de saisons, à ce jour, de l'OGCN en Ligue féminine. « J'adore cette ville, belle et calme. Les gens sont gentils, les températures sont comme en Egypte (rires). Je donne tout pour ce club, qui m'a tout donné et me respecte. Je suis ici chez moi. »

 

 

« La pression, c'est pas chez nous ! » 

Il ne manque qu'un titre collectif pour embellir l'intérieur... « C'est mon rêve, depuis mon premier jour à Nice », s'exclame celle qui n'en manque décidément pas. Finaliste de la Coupe de la Ligue 2016 et de LFH il y a trois ans, le Gym d'Abdelmalek est passé deux fois très près d'ajouter une ligne au palmarès, dix ans après le titre de D2 et l'accession. La chance repassera-t-elle avant la fin d'une carrière plus proche de la fin que du début ? En championnat, compliqué de titiller le duopole Metz/Brest, concède la numéro 86, qui place davantage d'espoirs dans la Coupe de France. Ses priorités d'avant-saison (match d'ouverture le 3 septembre, à Celles-sur-Belle) sont invariables : « ne pas me blesser, aider mon équipe, aller loin avec elle si possible. »

 

Et à l'orée d'un nouveau cycle, avec un nouveau tacticien (Clément Alcacer, successeur de Marjan Kolev venu du centre de formation de Metz), la position de l'outsider, cohérente pour des abonnées au milieu de tableau (*), sied à l'une des taulières de l'effectif (avec Colic, Skolkova ou Prouvensier). « La pression, c'est pas chez nous ! », envoie-t-elle. Le mérite de la clarté, encore et toujours.


(*) Nice s'est classé 7ème en 2021-22, 8ème en 2020-21, 6ème en 19-20 (saison inachevée).

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