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La France 6ème... L'Espagne championne !

Euro

dimanche 17 juillet 2022 - © Yves Michel

 6 min 38 de lecture

Dans un dernier quart d'heure tout à leur avantage, les Espagnols ont terrassé le Portugal devant son public (35-37) pour s'adjuger le titre de champion d'Europe des moins de 20 ans. De son côté, la France s'est inclinée face à la Hongrie (29-35) dans le match de classement pour la 5ème place.

On ne va pas faire la fine bouche même si après une prometteuse victoire face au Danemark vendredi, tous les espoirs étaient permis pour accrocher une 5ème place dans cet Euro U20. Ce dimanche, l'équipe de France s'est inclinée face à la Hongrie (29-35) non sans avoir bataillé jusqu'au bout puisqu'à l'entrée du money-time, l'écart n'était que de deux longueurs mais un tir raté, un ballon perdu et deux arrêts du gardien adverse ont anéanti toutes possibilités de revenir à hauteur. D'autant que les Hongrois ont aligné un 4-0 en moins de 3 minutes. 

Que faut-il retenir de cet Euro dans le camp français ? 

Au rayon des satisfactions,

Sur le plan collectif, les Bleus améliorent leur rendement. En un an, ils passent d'une bien peu flatteuse 10ème place (à l'Euro U19) à une qualification pour le Top 8 et donc un 6ème rang qui semble être ce qu'ils pouvaient espérer de mieux. 

Sur le plan individuel, même s'il est apparu légèrement en retrait lors de cette ultime rencontre, Hugo Pimenta (photo de tête) ressort comme l'homme fort du sept tricolore. Le Sélestadien a tenu son rang en terminant meilleur réalisateur de l'équipe ex aequo avec... Guéric Vincent dont le rendement n'a fait qu'augmenter au fil de la compétition. Trente buts chacun et un taux de réussite quasi identique (70% pour le 1er, 73% pour le Nîmois). Avec un but de moins, la prestation de Mattéo Fadhuile est également à ranger dans la colonne crédit.

La prestation de Léo Villain (photo ci-dessous) fait également partie des points positifs. Le portier parisien s'est affirmé comme le patron de la défense tricolore. Il a constamment rassuré ses partenaires et même face à des adversaires d'un niveau supérieur (Suède, Allemagne et Hongrie), il est parvenu à se mettre en valeur. Ses stats (à 35% de réussite) lui permettent de se hisser parmi les meilleurs gardiens de la compétition largement devant ses homologues espagnol et portugais. Seul le Suédois Linden fait mieux que lui. Ce n'est pas un hasard si en ayant encaissé 195 buts en 7 matches, la défense française est la 3ème du Top 8 de cet Euro derrière la Hongrie (194) et la Suède (179). L'Espagne, le Portugal, la Serbie sont derrière !



Parmi les quelques points négatifs, les comparaisons sont inévitables. Avant d'entamer la compétition, Yohan Delattre était conscient qu'il ne disposait pas d'un banc aussi riche que celui des 96-97 ou des 98-99. Avec des éléments capables de faire basculer ou même supporter tout le poids d'un temps faible en remettant l'ensemble des partenaires dans le droit chemin. Offensivement, un manque de rigueur a caractérisé cette équipe. Trop de ballons perdus, trop de tirs précipités. On attendait beaucoup de Wallem Peleka qui va devoir canaliser son énergie et être plus attentif au jeu. L'enfant de Stains est pêtri de qualités mais doit montrer plus de régularité pour les extérioriser. 

L'attaque française est avec son homologue suédoise parmi celles qui ont été les moins efficientes. Les absences d'un Derisbourg (en phase de reprise après une longue blessure) ou d'un Lenclume (qui a du déclarer forfait juste avant le départ pour le Portugal) ont été certainement préjudiciables. D'ici l'été prochain et le rendez-vous mondial, le staff ne manquera pas de revoir d'autres joueurs afin de mettre encore un peu plus d'atouts de son côté. 

Sans hésitation, cette génération 2002-2003 est en progrès. Il ne lui reste plus qu'à franchir un pallier. 

Ce que n'a pas su faire par exemple la Croatie qui a mal digéré sa médaille d'argent, l'an passé à domicile. Elle réalise la plus grosse contreperformance de l’épreuve en se classant 14ème sur 16. Les joueurs au maillot à damiers ne sont même pas directement qualifiés pour le Mondial organisé en 2023 conjointement par l’Allemagne et la Grèce. Les Croates étaient privés de quelques cadres par rapport au groupe en août dernier mais au Portugal, ils avaient dans leurs rangs un des tout meilleurs gardiens du tournoi, Kuzmanovic. Cet échec rejaillit aussi sur Igor Vori, l’ancien pivot du PSG médaillé d’or aux Jeux d’Athènes en 2004 qui était aux commandes de la sélection depuis mars. Sa reconversion comme entraîneur n’est pas une réussite. En juin 2020, il avait déjà pris la suite de Veselin Vujovic à la tête du RK Zagreb mais quatre mois plus tard, des résultats catastrophiques l’avaient contraint à démissionner. L'Allemagne, championne d'Europe chez les U19 tombe aussi de haut en arrachant la 7ème place aux dépens du Danemark. 



Les valeurs sûres du moment résident sur la péninsule ibérique puisque la finale opposait le Portugal (à domicile) à l'Espagne (médaille de bronze l'an passé). Et la confrontation entre les deux voisins a tenu ses promesses avec un suspense qui a tenu le public en haleine du début jusqu'à la fin. Après une 1ère période assez serrée au terme de laquelle malgré aucun arrêt, le Portugal avait viré en tête (16-15), les Espagnols ont perdu pied au début du second acte. Ils ont lâché des ballons, mal cadré leurs tirs, se sont fait souvent sanctionner et sont tombés sur un gardien qui s'est enfin mis en évidence. Les locaux ont rapidement fait un break conséquent face à un adversaire qui continuait à accumuler les erreurs. Au quart d'heure, les quatre longueurs d'avance laissaient présager un épilogue plutôt favorable pour le Portugal. C'était sans compter sur la "remontada" des Espagnols dans le sillage de leur meneur de jeu Bruno Reguart (photo ci-dessus), joueur complet, aussi efficace en défense centrale qu'en attaque sur les tirs longue portée. Un 6-0 en 9' et deux buts de mieux (32-34), il n'en fallait pas plus pour que le vent tourne et que le doute envahisse le camp lusitanien. Le Portugal ne va pas être en mesure d'inverser la tendance (défaite 35-37). Tout un peuple attendait la consécration de ses "minots". En particulier, l'un d'entre eux, Francisco Mota da Costa, véritable révélation du tournoi. Surclassé au niveau de la catégorie d'âge puisque né en 2005, celui qui peut évoluer arrière ou ailier droit termine meilleur réalisateur de l'Euro avec 58 buts inscrits. Au Sporting de Lisbonne où il évolue aux côtés de son frère Martim (présent sur cet Euro) et sous la direction de son père Ricardo, le phénomène devrait affiner ses qualités. 

Le prochain grand rendez-vous international pour cette génération est fixé dans un peu moins d'un an (du 20 juin au 2 juillet 2023) pour le Mondial U21 qui se déroulera conjointement en Allemagne (Hanovre, Magdebourg et Berlin pour les finales soit 64 matches) et en Grèce (52 matches à Athènes). 32 équipes y seront conviées. 



Classement de cet Euro U20 au Portugal 

 1

 ESPAGNE

 5

 HONGRIE

 2

 PORTUGAL

 6

 FRANCE

 3

 SERBIE

 7 

 ALLEMAGNE

 4

 SUEDE

 8

 DANEMARK


 9

 SLOVENIE

 13

 POLOGNE

 10

 ILES FEROE

 14

 CROATIE

 11

 ISLANDE

 15

 NORVEGE

 12

 ITALIE

 16

 MONTENEGRO


A noter que le Serbe Stefan Dodic a été désigné MVP du tournoi. L'arrière gauche qui portera bientôt les couleurs de Kielce est le leader d'une sélection qui a fait elle aussi sensation lors de cet Euro. Classée 13ème en août dernier chez les U19, elle monte sur le podium à la 3ème place. 

 



La France 6ème... L'Espagne championne ! 

Euro

dimanche 17 juillet 2022 - © Yves Michel

 6 min 38 de lecture

Dans un dernier quart d'heure tout à leur avantage, les Espagnols ont terrassé le Portugal devant son public (35-37) pour s'adjuger le titre de champion d'Europe des moins de 20 ans. De son côté, la France s'est inclinée face à la Hongrie (29-35) dans le match de classement pour la 5ème place.

On ne va pas faire la fine bouche même si après une prometteuse victoire face au Danemark vendredi, tous les espoirs étaient permis pour accrocher une 5ème place dans cet Euro U20. Ce dimanche, l'équipe de France s'est inclinée face à la Hongrie (29-35) non sans avoir bataillé jusqu'au bout puisqu'à l'entrée du money-time, l'écart n'était que de deux longueurs mais un tir raté, un ballon perdu et deux arrêts du gardien adverse ont anéanti toutes possibilités de revenir à hauteur. D'autant que les Hongrois ont aligné un 4-0 en moins de 3 minutes. 

Que faut-il retenir de cet Euro dans le camp français ? 

Au rayon des satisfactions,

Sur le plan collectif, les Bleus améliorent leur rendement. En un an, ils passent d'une bien peu flatteuse 10ème place (à l'Euro U19) à une qualification pour le Top 8 et donc un 6ème rang qui semble être ce qu'ils pouvaient espérer de mieux. 

Sur le plan individuel, même s'il est apparu légèrement en retrait lors de cette ultime rencontre, Hugo Pimenta (photo de tête) ressort comme l'homme fort du sept tricolore. Le Sélestadien a tenu son rang en terminant meilleur réalisateur de l'équipe ex aequo avec... Guéric Vincent dont le rendement n'a fait qu'augmenter au fil de la compétition. Trente buts chacun et un taux de réussite quasi identique (70% pour le 1er, 73% pour le Nîmois). Avec un but de moins, la prestation de Mattéo Fadhuile est également à ranger dans la colonne crédit.

La prestation de Léo Villain (photo ci-dessous) fait également partie des points positifs. Le portier parisien s'est affirmé comme le patron de la défense tricolore. Il a constamment rassuré ses partenaires et même face à des adversaires d'un niveau supérieur (Suède, Allemagne et Hongrie), il est parvenu à se mettre en valeur. Ses stats (à 35% de réussite) lui permettent de se hisser parmi les meilleurs gardiens de la compétition largement devant ses homologues espagnol et portugais. Seul le Suédois Linden fait mieux que lui. Ce n'est pas un hasard si en ayant encaissé 195 buts en 7 matches, la défense française est la 3ème du Top 8 de cet Euro derrière la Hongrie (194) et la Suède (179). L'Espagne, le Portugal, la Serbie sont derrière !



Parmi les quelques points négatifs, les comparaisons sont inévitables. Avant d'entamer la compétition, Yohan Delattre était conscient qu'il ne disposait pas d'un banc aussi riche que celui des 96-97 ou des 98-99. Avec des éléments capables de faire basculer ou même supporter tout le poids d'un temps faible en remettant l'ensemble des partenaires dans le droit chemin. Offensivement, un manque de rigueur a caractérisé cette équipe. Trop de ballons perdus, trop de tirs précipités. On attendait beaucoup de Wallem Peleka qui va devoir canaliser son énergie et être plus attentif au jeu. L'enfant de Stains est pêtri de qualités mais doit montrer plus de régularité pour les extérioriser. 

L'attaque française est avec son homologue suédoise parmi celles qui ont été les moins efficientes. Les absences d'un Derisbourg (en phase de reprise après une longue blessure) ou d'un Lenclume (qui a du déclarer forfait juste avant le départ pour le Portugal) ont été certainement préjudiciables. D'ici l'été prochain et le rendez-vous mondial, le staff ne manquera pas de revoir d'autres joueurs afin de mettre encore un peu plus d'atouts de son côté. 

Sans hésitation, cette génération 2002-2003 est en progrès. Il ne lui reste plus qu'à franchir un pallier. 

Ce que n'a pas su faire par exemple la Croatie qui a mal digéré sa médaille d'argent, l'an passé à domicile. Elle réalise la plus grosse contreperformance de l’épreuve en se classant 14ème sur 16. Les joueurs au maillot à damiers ne sont même pas directement qualifiés pour le Mondial organisé en 2023 conjointement par l’Allemagne et la Grèce. Les Croates étaient privés de quelques cadres par rapport au groupe en août dernier mais au Portugal, ils avaient dans leurs rangs un des tout meilleurs gardiens du tournoi, Kuzmanovic. Cet échec rejaillit aussi sur Igor Vori, l’ancien pivot du PSG médaillé d’or aux Jeux d’Athènes en 2004 qui était aux commandes de la sélection depuis mars. Sa reconversion comme entraîneur n’est pas une réussite. En juin 2020, il avait déjà pris la suite de Veselin Vujovic à la tête du RK Zagreb mais quatre mois plus tard, des résultats catastrophiques l’avaient contraint à démissionner. L'Allemagne, championne d'Europe chez les U19 tombe aussi de haut en arrachant la 7ème place aux dépens du Danemark. 



Les valeurs sûres du moment résident sur la péninsule ibérique puisque la finale opposait le Portugal (à domicile) à l'Espagne (médaille de bronze l'an passé). Et la confrontation entre les deux voisins a tenu ses promesses avec un suspense qui a tenu le public en haleine du début jusqu'à la fin. Après une 1ère période assez serrée au terme de laquelle malgré aucun arrêt, le Portugal avait viré en tête (16-15), les Espagnols ont perdu pied au début du second acte. Ils ont lâché des ballons, mal cadré leurs tirs, se sont fait souvent sanctionner et sont tombés sur un gardien qui s'est enfin mis en évidence. Les locaux ont rapidement fait un break conséquent face à un adversaire qui continuait à accumuler les erreurs. Au quart d'heure, les quatre longueurs d'avance laissaient présager un épilogue plutôt favorable pour le Portugal. C'était sans compter sur la "remontada" des Espagnols dans le sillage de leur meneur de jeu Bruno Reguart (photo ci-dessus), joueur complet, aussi efficace en défense centrale qu'en attaque sur les tirs longue portée. Un 6-0 en 9' et deux buts de mieux (32-34), il n'en fallait pas plus pour que le vent tourne et que le doute envahisse le camp lusitanien. Le Portugal ne va pas être en mesure d'inverser la tendance (défaite 35-37). Tout un peuple attendait la consécration de ses "minots". En particulier, l'un d'entre eux, Francisco Mota da Costa, véritable révélation du tournoi. Surclassé au niveau de la catégorie d'âge puisque né en 2005, celui qui peut évoluer arrière ou ailier droit termine meilleur réalisateur de l'Euro avec 58 buts inscrits. Au Sporting de Lisbonne où il évolue aux côtés de son frère Martim (présent sur cet Euro) et sous la direction de son père Ricardo, le phénomène devrait affiner ses qualités. 

Le prochain grand rendez-vous international pour cette génération est fixé dans un peu moins d'un an (du 20 juin au 2 juillet 2023) pour le Mondial U21 qui se déroulera conjointement en Allemagne (Hanovre, Magdebourg et Berlin pour les finales soit 64 matches) et en Grèce (52 matches à Athènes). 32 équipes y seront conviées. 



Classement de cet Euro U20 au Portugal 

 1

 ESPAGNE

 5

 HONGRIE

 2

 PORTUGAL

 6

 FRANCE

 3

 SERBIE

 7 

 ALLEMAGNE

 4

 SUEDE

 8

 DANEMARK


 9

 SLOVENIE

 13

 POLOGNE

 10

 ILES FEROE

 14

 CROATIE

 11

 ISLANDE

 15

 NORVEGE

 12

 ITALIE

 16

 MONTENEGRO


A noter que le Serbe Stefan Dodic a été désigné MVP du tournoi. L'arrière gauche qui portera bientôt les couleurs de Kielce est le leader d'une sélection qui a fait elle aussi sensation lors de cet Euro. Classée 13ème en août dernier chez les U19, elle monte sur le podium à la 3ème place.