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Les Françaises préservent leur statut

Euro

dimanche 6 mars 2022 - © Yves Michel

 8 min 40 de lecture

Même si tout fut loin d'être parfait, notamment en 1ère période où les Croates ont fait plus que s'accrocher, les Françaises ont assuré ce qui leur était demandé. Battre les joueuses au maillot à damiers (27-19) et par la même occasion avec une 4ème victoire d'affilée dans l'épreuve, se qualifier avant terme, pour le championnat d'Europe qui se déroulera en novembre prochain en Slovénie, Macédoine et Monténégro. Les Bleues retiendront aussi l'accueil qui leur a été réservé par un public de Toulouse particulièrement chaleureux et connaisseur.

Forcément, avec un public toulousain sevré de handball féminin d’excellence depuis si longtemps qu’on en a oublié qu’il y a eu jadis, dans la ville rose, un club de haut niveau, les retrouvailles de l’équipe de France avec toute une région s’annonçaient majuscules. Et l’accueil a été à la hauteur. C’est en tous cas, le sentiment unanime que l’entraîneur national et les joueuses ont su exprimer à l’issue de la rencontre. « Cela s’est plutôt bien passé, confirme Béatrice Edwige, on voulait produire de belles choses à Toulouse, on savait que la salle allait être pleine, on savait que le public était au-rendez et je pense que c’était la plus belle chose à lui offrir un dimanche, en fin de journée… On est contente même si nous n’avons pas réalisé le match parfait, loin de là, faut être honnête, mais l’essentiel est là, on est qualifié pour l’Euro 2022. » En quelques mots, la pivot des Bleues a résumé ce qu’il faudra retenir de ce rendez-vous face à la Croatie. Le 2ème en l’espace de trois jours. La France engrange un 4ème succès d’affilée dans cette phase de qualification et assure son billet pour novembre et un voyage vers l’Euro organisé par la Slovénie, la Macédoine du nord et le Monténégro. Si les championnes olympiques dont l’effectif a subi quelques transformations depuis le sacre nippon ont été par moments, assez irrégulières, ne trouvant des solutions pour faire l’écart qu’en fin de 1ère période, elles ont fait la différence grâce à l'homogénéité de leurs rotations et une plus grande fraîcheur sur la durée. Battues chez elles jeudi, les Croates avaient à cœur de se racheter. Elles vont tenir tête aux joueuses d’Olivier Krumbholz durant 25 minutes. Grâce notamment à une défense très solidaire et agressive autour de l’axe Prkacin-Debelic mais aussi à la prestation d’Ivana Kapitanovic. La gardienne messine a inlassablement mis en échec les tireuses françaises dans leur jeu de transition et sur les décalages à l’aile. Elle a ainsi pu retarder l’échéance. Il fallait bien que Coralie Lassource et ses partenaires trouvent la faille et parviennent enfin à faire la différence. Avec une base arrière très efficace où le trio Zaadi-Nze Minko-Sercien a fait peuve d'opportunisme et d'à-propos, un peu plus d’application dans les intentions et dans la justesse des passes, mais aussi la vigilance de Laura Glauser dans les cages vont faire monter d’un cran la ferveur des 4200 spectateurs entassés dans les tribunes. Un 4-1 juste avant la pause. L’écart était fait. Les Croates ne reviendront plus. « On a fait un bien meilleur match que jeudi, reconnaît Olivier Krumbholz, elles (les Croates) se sont bien accroché, sans pression, elles ont été très opportunistes. On aurait pu faire un score un peu plus large mais sinon, j’ai trouvé que le jeu était plaisant, l’équipe est restée sérieuse pendant 60 minutes, ce qui a permis de faire un score sur la fin, alors que le match s’est beaucoup tenu. » Si la prestation des deux gardiennes Glauser-Darleux (chacune une période et 8 arrêts) a été satisfaisante, les points positifs sont à trouver dans l’implication des petites dernières appelées au sein du groupe. Une fois que les Bleues se sont octroyées une avance substantielle, le coach a pu ainsi faire confiance à son banc. 



A l’image d’Onacia Ondono (photo ci-dessus) dont c’était le baptême du feu (elle n’avait pas fait le déplacement en Croatie) et qui a été un excellent relais de Béatrice Edwige sur le poste de pivot. « Je me suis fait plaisir, valide la Nantaise. J’avais dit au cocah que j’avais vraiment envie de pouvoir montrer quelque chose sur le terrain. J’ai eu ma chance. J’ai bien bossé à la vidéo et j’avais remarqué que leur défense était statique et qu’il y avait moyen de faire des glissements derrière les grandes Croates. Quand je marque mon 1er but, c’est un sentiment unique et un moment plaisant. Il y avait de l’adrénaline alors j’espère en mettre encore d’autres. » L’équipe de France a honoré son statut et peut passer le reste de la saison (d'ici novembre) bien au chaud. Même si grâce à cette victoire (27-19) elle a validé son billet pour le championnat d’Europe, elle aura à cœur de bien terminer son parcours dans cette phase qualificative. « Il faut qu’on continue à travailler, martèle Olivier Krumbholz. Il faut que chacune trouve sa place, prenne ses responsabilités, on est loin de notre maximum et c’est normal, on a fini un cycle, on en recommence un autre. » Les prochains rendez-vous sont fixés au mois d’avril avec au moins un rendez-vous en République Tchèque et rien n’est moins sûr, trois jours plus tard, la réception de l’équipe d’Ukraine. « Très franchement, avec ce qui se passe en Ukraine, c’est difficile de se projeter. On n’est désormais obligé de rien mais la rançon de la gloire, on ne pourra certainement pas mettre au repos toutes les filles qui vont jouer en Ligue des Champions car elles sont très nombreuses. En avril, l’équipe de France aura fière allure. » Attentif à ce qui se passe au-delà des frontières et à ce qu’est en train de vivre le peuple ukrainien, le technicien français a émis le vœu de jouer si c’est encore possible face à cette sélection, le 23 avril au Havre. « Il faut tout faire pour les faire jouer, ça dépasse le côté sportif, même si en ayant gagné en Croatie et en ayant perdu de peu contre la France, elles étaient bien parties dans ce groupe de qualif. Elles sont malheureusement fauchées par les évènements et si ce match peut avoir lieu dans une salle pleine, et pourquoi pas, je ne sais pas si le président va être d’accord, reverser une partie de la recette aux Ukrainiens, ça serait super. » Une idée à creuser même si les joueuses ukrainiennes sont actuellement bien éloignées de toutes considérations sportives. 


Qualifications Euro 2022 - 4ème tour

A Toulouse, palais des Sports André Brouat, dimanche 6 mars 2022

Croatie - France : 27 - 19 (mi-temps: 13-9) 

Spectateurs: 4200
Arbitres : Javier Alvarez Mata & Yon Bustamante Lopez (Espagne)

FRANCE : L. Glauser 8/17, C. Darleux 8/18 - M. Nocandy 0/1, A. Toublanc 1/1, C. Bouquet 3/4, C. Lassource 3/4, G. Zaadi Deuna 4/6 , O. Sercien Ugolin 4/6, O. Kanor 1/2, T. Horaček 1/2, D. Lassource, B. Edwige 1/1, E. Nze Minko 4/9, O. Ondono 4/ 5, L. Granier 1/4, S. Bouktit

CROATIE : L. Besen 0/4, I. Kapitanovic 9/33, T. Pijevic 1/1 - P. Posavec 0/2, D. Krsnik 2/2, D. Milosavljević 4/9, D. Kalaus 0/1 , K. Jezic 1/2, K. Pavlovic 0/4, L. Franusic, A. Šimara 3/4, A. Debelic 3/3, A. Turk 1/3, J. Mamic 2/3, V. Blazevic 0/3, K. Prkacin 3/9

Evolution du score: 2-3 (5) 4-4 (10) 8-5 (15) 8-8 (20) 9-8 (25) 13-9 (MT) 16-10 (35) 18-12 (40) 20-14 (45) 21-16 (50) 24-18 (55) 27-19 (FIN)



Grace Zaadi-Deuna Sans Destination Fixe

Si Béatrice Edwige a saisi il y a deux semaines, l'opportunité de quitter la Russie après que le club de Rostov sur le Don ait favorablement répondu à la demande de prêt de son homologue hongrois de Ferencvaros, Grace Zaadi-Deuna elle, qui comme la pivot tricolore fait partie de l'effectif de la formation russe, n'est toujours pas fixée sur son sort et surtout ne sait pas quelle tournure prendra la suite de sa saison. « J’étais sensée prendre l’avion demain (lundi), je ne le prendrai pas. Je vais rester en France, voir comment les choses vont se décanter. Ce qui est sûr, c’est que si la situation reste comme ça, je ne rentrerai pas à Rostov. Je suis vraiment très heureuse d’avoir pu rentrer en France à temps, je reste positive parce que je ne suis pas bloquée là-bas. En début de semaine, il y a eu l’annonce de l’EHF (suspendant toutes les entités russes et biélorusses, clubs et sélections), des clubs ont commencé à me contacter donc je suis dans la réflexion, car il y a du concret mais au final, c’est assez flou mais sur la fin de saison, cela va être délicat de revenir en Russie. » Durant l’été 2020, à 26 ans, la demi-centre avait tourné la page d’une décennie passée à Metz pour s’engager dans un des clubs majeurs du handball européen. Son contrat court jusqu’en juillet 2022 avec l’option d’une saison supplémentaire. La situation politique est venue s’inviter sur la scène sportive. L’intermède international avec l’équipe de France a permis à la joueuse de ne pas trop gamberger et d’être dans des conditions optimales pour s’entraîner. « J’ai vécu une période semblable pendant le confinement où il a fallu qu’on reste active puisque initialement on devait jouer le final four au mois de juin donc m’entraîner toute seule, je connais, donc comme en France, les règles se sont assouplies, je vais pouvoir aller à la salle de sport, courir, m’entretenir physiquement, après c’est de faire partie d’une équipe, de jouer au ballon qui vont me manquer. Mais ça ne me fait pas peur. » En l’état, Grace Zaadi ne peut être recrutée en France pour terminer la saison puisque la date limite des transferts hors joker médical est révolue (31 janvier). «J’attends d’avoir des informations, il va falloir que je sache comment Rostov se positionne sur la suite. En France et à l’étranger, je sais que j’intéresse des clubs, rien n’est décidé. » Déjà, le CSKA Moscou chez les féminines et Meshkov Brest en Biélorussie chez les garçons ont signifié à leurs éléments étrangers qu’ils étaient libérés de tout engagement.  Rostov qui compte six joueuses non russes va devoir apporter une réponse assez rapidement. 


Le diaporama de France - Croatie par Yves Michel 

Les Françaises préservent leur statut  

Euro

dimanche 6 mars 2022 - © Yves Michel

 8 min 40 de lecture

Même si tout fut loin d'être parfait, notamment en 1ère période où les Croates ont fait plus que s'accrocher, les Françaises ont assuré ce qui leur était demandé. Battre les joueuses au maillot à damiers (27-19) et par la même occasion avec une 4ème victoire d'affilée dans l'épreuve, se qualifier avant terme, pour le championnat d'Europe qui se déroulera en novembre prochain en Slovénie, Macédoine et Monténégro. Les Bleues retiendront aussi l'accueil qui leur a été réservé par un public de Toulouse particulièrement chaleureux et connaisseur.

Forcément, avec un public toulousain sevré de handball féminin d’excellence depuis si longtemps qu’on en a oublié qu’il y a eu jadis, dans la ville rose, un club de haut niveau, les retrouvailles de l’équipe de France avec toute une région s’annonçaient majuscules. Et l’accueil a été à la hauteur. C’est en tous cas, le sentiment unanime que l’entraîneur national et les joueuses ont su exprimer à l’issue de la rencontre. « Cela s’est plutôt bien passé, confirme Béatrice Edwige, on voulait produire de belles choses à Toulouse, on savait que la salle allait être pleine, on savait que le public était au-rendez et je pense que c’était la plus belle chose à lui offrir un dimanche, en fin de journée… On est contente même si nous n’avons pas réalisé le match parfait, loin de là, faut être honnête, mais l’essentiel est là, on est qualifié pour l’Euro 2022. » En quelques mots, la pivot des Bleues a résumé ce qu’il faudra retenir de ce rendez-vous face à la Croatie. Le 2ème en l’espace de trois jours. La France engrange un 4ème succès d’affilée dans cette phase de qualification et assure son billet pour novembre et un voyage vers l’Euro organisé par la Slovénie, la Macédoine du nord et le Monténégro. Si les championnes olympiques dont l’effectif a subi quelques transformations depuis le sacre nippon ont été par moments, assez irrégulières, ne trouvant des solutions pour faire l’écart qu’en fin de 1ère période, elles ont fait la différence grâce à l'homogénéité de leurs rotations et une plus grande fraîcheur sur la durée. Battues chez elles jeudi, les Croates avaient à cœur de se racheter. Elles vont tenir tête aux joueuses d’Olivier Krumbholz durant 25 minutes. Grâce notamment à une défense très solidaire et agressive autour de l’axe Prkacin-Debelic mais aussi à la prestation d’Ivana Kapitanovic. La gardienne messine a inlassablement mis en échec les tireuses françaises dans leur jeu de transition et sur les décalages à l’aile. Elle a ainsi pu retarder l’échéance. Il fallait bien que Coralie Lassource et ses partenaires trouvent la faille et parviennent enfin à faire la différence. Avec une base arrière très efficace où le trio Zaadi-Nze Minko-Sercien a fait peuve d'opportunisme et d'à-propos, un peu plus d’application dans les intentions et dans la justesse des passes, mais aussi la vigilance de Laura Glauser dans les cages vont faire monter d’un cran la ferveur des 4200 spectateurs entassés dans les tribunes. Un 4-1 juste avant la pause. L’écart était fait. Les Croates ne reviendront plus. « On a fait un bien meilleur match que jeudi, reconnaît Olivier Krumbholz, elles (les Croates) se sont bien accroché, sans pression, elles ont été très opportunistes. On aurait pu faire un score un peu plus large mais sinon, j’ai trouvé que le jeu était plaisant, l’équipe est restée sérieuse pendant 60 minutes, ce qui a permis de faire un score sur la fin, alors que le match s’est beaucoup tenu. » Si la prestation des deux gardiennes Glauser-Darleux (chacune une période et 8 arrêts) a été satisfaisante, les points positifs sont à trouver dans l’implication des petites dernières appelées au sein du groupe. Une fois que les Bleues se sont octroyées une avance substantielle, le coach a pu ainsi faire confiance à son banc. 



A l’image d’Onacia Ondono (photo ci-dessus) dont c’était le baptême du feu (elle n’avait pas fait le déplacement en Croatie) et qui a été un excellent relais de Béatrice Edwige sur le poste de pivot. « Je me suis fait plaisir, valide la Nantaise. J’avais dit au cocah que j’avais vraiment envie de pouvoir montrer quelque chose sur le terrain. J’ai eu ma chance. J’ai bien bossé à la vidéo et j’avais remarqué que leur défense était statique et qu’il y avait moyen de faire des glissements derrière les grandes Croates. Quand je marque mon 1er but, c’est un sentiment unique et un moment plaisant. Il y avait de l’adrénaline alors j’espère en mettre encore d’autres. » L’équipe de France a honoré son statut et peut passer le reste de la saison (d'ici novembre) bien au chaud. Même si grâce à cette victoire (27-19) elle a validé son billet pour le championnat d’Europe, elle aura à cœur de bien terminer son parcours dans cette phase qualificative. « Il faut qu’on continue à travailler, martèle Olivier Krumbholz. Il faut que chacune trouve sa place, prenne ses responsabilités, on est loin de notre maximum et c’est normal, on a fini un cycle, on en recommence un autre. » Les prochains rendez-vous sont fixés au mois d’avril avec au moins un rendez-vous en République Tchèque et rien n’est moins sûr, trois jours plus tard, la réception de l’équipe d’Ukraine. « Très franchement, avec ce qui se passe en Ukraine, c’est difficile de se projeter. On n’est désormais obligé de rien mais la rançon de la gloire, on ne pourra certainement pas mettre au repos toutes les filles qui vont jouer en Ligue des Champions car elles sont très nombreuses. En avril, l’équipe de France aura fière allure. » Attentif à ce qui se passe au-delà des frontières et à ce qu’est en train de vivre le peuple ukrainien, le technicien français a émis le vœu de jouer si c’est encore possible face à cette sélection, le 23 avril au Havre. « Il faut tout faire pour les faire jouer, ça dépasse le côté sportif, même si en ayant gagné en Croatie et en ayant perdu de peu contre la France, elles étaient bien parties dans ce groupe de qualif. Elles sont malheureusement fauchées par les évènements et si ce match peut avoir lieu dans une salle pleine, et pourquoi pas, je ne sais pas si le président va être d’accord, reverser une partie de la recette aux Ukrainiens, ça serait super. » Une idée à creuser même si les joueuses ukrainiennes sont actuellement bien éloignées de toutes considérations sportives. 


Qualifications Euro 2022 - 4ème tour

A Toulouse, palais des Sports André Brouat, dimanche 6 mars 2022

Croatie - France : 27 - 19 (mi-temps: 13-9) 

Spectateurs: 4200
Arbitres : Javier Alvarez Mata & Yon Bustamante Lopez (Espagne)

FRANCE : L. Glauser 8/17, C. Darleux 8/18 - M. Nocandy 0/1, A. Toublanc 1/1, C. Bouquet 3/4, C. Lassource 3/4, G. Zaadi Deuna 4/6 , O. Sercien Ugolin 4/6, O. Kanor 1/2, T. Horaček 1/2, D. Lassource, B. Edwige 1/1, E. Nze Minko 4/9, O. Ondono 4/ 5, L. Granier 1/4, S. Bouktit

CROATIE : L. Besen 0/4, I. Kapitanovic 9/33, T. Pijevic 1/1 - P. Posavec 0/2, D. Krsnik 2/2, D. Milosavljević 4/9, D. Kalaus 0/1 , K. Jezic 1/2, K. Pavlovic 0/4, L. Franusic, A. Šimara 3/4, A. Debelic 3/3, A. Turk 1/3, J. Mamic 2/3, V. Blazevic 0/3, K. Prkacin 3/9

Evolution du score: 2-3 (5) 4-4 (10) 8-5 (15) 8-8 (20) 9-8 (25) 13-9 (MT) 16-10 (35) 18-12 (40) 20-14 (45) 21-16 (50) 24-18 (55) 27-19 (FIN)



Grace Zaadi-Deuna Sans Destination Fixe

Si Béatrice Edwige a saisi il y a deux semaines, l'opportunité de quitter la Russie après que le club de Rostov sur le Don ait favorablement répondu à la demande de prêt de son homologue hongrois de Ferencvaros, Grace Zaadi-Deuna elle, qui comme la pivot tricolore fait partie de l'effectif de la formation russe, n'est toujours pas fixée sur son sort et surtout ne sait pas quelle tournure prendra la suite de sa saison. « J’étais sensée prendre l’avion demain (lundi), je ne le prendrai pas. Je vais rester en France, voir comment les choses vont se décanter. Ce qui est sûr, c’est que si la situation reste comme ça, je ne rentrerai pas à Rostov. Je suis vraiment très heureuse d’avoir pu rentrer en France à temps, je reste positive parce que je ne suis pas bloquée là-bas. En début de semaine, il y a eu l’annonce de l’EHF (suspendant toutes les entités russes et biélorusses, clubs et sélections), des clubs ont commencé à me contacter donc je suis dans la réflexion, car il y a du concret mais au final, c’est assez flou mais sur la fin de saison, cela va être délicat de revenir en Russie. » Durant l’été 2020, à 26 ans, la demi-centre avait tourné la page d’une décennie passée à Metz pour s’engager dans un des clubs majeurs du handball européen. Son contrat court jusqu’en juillet 2022 avec l’option d’une saison supplémentaire. La situation politique est venue s’inviter sur la scène sportive. L’intermède international avec l’équipe de France a permis à la joueuse de ne pas trop gamberger et d’être dans des conditions optimales pour s’entraîner. « J’ai vécu une période semblable pendant le confinement où il a fallu qu’on reste active puisque initialement on devait jouer le final four au mois de juin donc m’entraîner toute seule, je connais, donc comme en France, les règles se sont assouplies, je vais pouvoir aller à la salle de sport, courir, m’entretenir physiquement, après c’est de faire partie d’une équipe, de jouer au ballon qui vont me manquer. Mais ça ne me fait pas peur. » En l’état, Grace Zaadi ne peut être recrutée en France pour terminer la saison puisque la date limite des transferts hors joker médical est révolue (31 janvier). «J’attends d’avoir des informations, il va falloir que je sache comment Rostov se positionne sur la suite. En France et à l’étranger, je sais que j’intéresse des clubs, rien n’est décidé. » Déjà, le CSKA Moscou chez les féminines et Meshkov Brest en Biélorussie chez les garçons ont signifié à leurs éléments étrangers qu’ils étaient libérés de tout engagement.  Rostov qui compte six joueuses non russes va devoir apporter une réponse assez rapidement. 


Le diaporama de France - Croatie par Yves Michel