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Pas de brillant, du mental !

Euro

dimanche 10 octobre 2021 - © François Dasriaux

 10 min 3 de lecture

Les Bleues sont passées de la lumière à l’ombre dans leur match en Ukraine. Tout était en place pour que ce match soit le piège absolu. Un déplacement interminable au fin fond de l'Ukraine. Une équipe d’Ukraine en toute confiance avec son exploit en Croatie. Une salle qui ne ressemble à rien ou plutôt à un stade d’athlétisme avec aucun repère autour des buts. Un arbitrage de voisines lituaniennes façon bloc de l’Est à « l’ancienne ». Tout ce qu’il fallait pour que les Tricolores version rajeunie piochent pendant plus de 45 minutes avant de serrer la garde devant une Catherine Gabriel énorme toute la seconde période et l’emporter en lâchant la cavalerie 28-25 avec un grand ouf de soulagement !


Soulagement car en seconde période tout a été à deux doigts de basculer vraiment côté ukrainien. Sans quelques arrêts magiques de la gardienne parisienne, les Bleues auraient sans doute vu leurs adversaires s’envoler pour de bon. Dans le sillage d’une Iryna Glibko buteuse, organisatrice et exécutrice des 7 mètres à la perfection, les Ukrainiennes vont trouver les espaces dans la défense bleue rapidement et il faudra attendre 50 minutes pour voir enfin le bloc français enfin trouver de la stabilité et de la performance. Mais une défense moins hermétique que mercredi aurait pu être un petit désagrément sans plus, la puissance de feu physique de l’Ukraine étant très largement supérieure à celle des Tchèques. Mais offensivement, les Françaises vont perdre tout ce qui avait fait leur force. De l’intensité avec des engagements précis et déterminés. Des mouvements clairs et des transmissions de qualité. On était très loin de tout cela et plus les minutes passaient, plus les Bleues coinçaient dans le domaine. On en arrivait trop souvent à une attaque qui ronronnait et qui finissait par envoyer une bonne vieille brique en direction de Pauletta Foppa qui devait tout faire avec 3 joueuses autour d’elle et qui y arrivait quand même. Un dernier coup du sort tombait sur les têtes bleues avec la sortie pour une blessure au genou toute seule d’Adja Ouattara



On sentait la crispation, la peur de mal faire qui rattrapait un peu tout le monde. Si Alicia Toublanc (Photo ci-dessus) restait au plus que parfait, que Lucie Granier, à son relais, faisait quasi de même. Pour le reste on cherchait les joueuses en confiance. Toutes les indications, les temps mort ou les changements qu’Olivier Krumbholz n’y pouvaient guère, l’Ukraine tenait largement la dragée haute et peu à peu mettait même la main sur le match. Quelques coups de sifflets un peu bizarres, quelques erreurs à la finition face à une Maria Galdun très performante et les locales semblaient parties pour un deuxième exploit en 3 jours, après la Croatie demi-finaliste du dernier Euro, elles avaient les Championnes Olympiques en ligne de mire.

Mais ce qu’a le handball tricolore et que n’a pas ou plus le handball ukrainien, c’est de la profondeur dans son effectif. Les rotations vont finir par payer avec en guest-star une revenante à tout point de vue, la néo messine Tamara Horacek (Photo ci-dessous). Elle va d’abord fermer la boutique en défense, donnant enfin un peu d’air à une Catherine Gabriel qui avait enchaîné les arrêts miracles pendant 20 minutes. Son duo central avec Pauletta Foppa va faire des dégâts dans l’organisation offensive des Jaunes et Bleues, cela libérait Méline Nocandy qui pouvait jouer sur les trajectoires de balle et rajouter encore un peu plus de pression. Mais non seulement la Messine va stabiliser la défense, mais elle va y ajouter une efficacité offensive qui manquait à beaucoup depuis longtemps. Les Bleues vont recoller, puis repasser devant pour crucifier via Lucie Granier l’Ukraine et le maigre public perdu dans ce hall immense et bien lugubre. Une victoire 28-25 qui plante parfaitement les jalons d’une qualification tranquille même si il reste encore le double affrontement face à une Croatie qui s’est refait une santé en République Tchèque, mais il semble bien que gagner ce genre de match ait fait grandir vitesse grand V ce groupe très jeune.



A Sumy (UKR), Sport Manezh of Sumy State University
Le dimanche 10 octobre 2021 à 17h00
Ukraine - France : 25 - 28 (Mi-temps : 15-16)
500 spectateurs
Arbitres : MMES Kijauskaite Viktorija et Zaliene Ausra (LIT)
Evolution du score : 3-4 5°, 4-7 10°, 7-11 15°, 10-13 20°, 13-16 25°, 15-16 MT - 17-18 35°, 19-19 40°, 20-20 45°, 23-22 50°, 24-24 55°, 25-28 FT.

Les réactions (Avec le concours du service de presse de la FFH)
Olivier Krumbholz" Il y a deux sortes de mauvais matches. Il y a ceux que l’on gagne et ce que l‘on perd. Aujourd’hui nous avons mal joué. C’est une équipe de France jeune dans un contexte particulier face à une équipe qui joue bien au handball et qui a joué de façon totalement détendue. On s’est pris un peu bêtement la pression dans la figure alors que notre victoire face aux Tchèques de 16 buts, nous avait permis de faire l’essentiel. Les filles ont continué à se battre avec certaines suffisamment lucides pour aller gagner le match. À la fin, notre défense 1-5 a beaucoup gêné les Ukrainiennes qui ont alors déjoué. Je suis très content. Je savais que c’était très important de gagner ce match avec nos jeunes face à une équipe qui, ne l’oublions pas, s’était imposée contre toute attente en Croatie. La blessure d’Adja Ouattara ne nous a pas aidé dans un moment où on avait déjà commencé à jouer moins bien. Elle est très bonne en défense et cela nous a enlevé une rotation. Cela touche quand on voit une partenaire blessée et que l’on comprend qu’elle sera certainement absente pour un long moment."

Catherine Gabriel" Je suis contente d’avoir pu aider l’équipe ce soir. C’était important car le contexte était compliqué et nous avons été menées. De plus, il y a eu la blessure d’Adja, ma coéquipière à Paris, et, à la mi-temps, je n’étais pas très bien. Je me suis dit qu’il ne fallait pas rester dans ce mood-là et qu’il fallait que j’aide l’équipe. Cela faisait longtemps que je voulais jouer un match officiel et ce n’était pas le moment que l’émotion prenne le dessus. Ce qui s’est passé aux J.O. m’a galvanisée alors depuis je ne pose plus de questions, je pense à prendre du plaisir. " 

Statistiques du match

France

Nom Av 2mn Buts/Tirs %age
2 Nocandy, Meline 

7/9 87%
3 Toublanc, Alicia 

5/6 83%
6 Valentini, Chloe 

3/6 66%
19 Sercien Ugolin, Oceane 
1 1/7 25%
8 Lassource, Coralie 

1/1 100%
22 Horacek, Tamara 

3/6 75%
23 Kpodar, Deborah 
1 2/4 100%
31 Granier, Lucie 

3/4 100%
15 Niakate, Kalidiatou 

1/2 50%
14 Ouattara, Adja 



18 Ahanda, Orlane 

0/1 0%
25 Jacques, Emma 



26 Foppa, Pauletta 
1 1/1 100%
28 Vautier, Claire 

1/2 50%
94 Gabriel, Catherine 



1 Glauser, Laura 



Ukraine

Nom Av 2mn Buts/Tirs %age
27 Levchenko, Yevheniia 

3/8 50%
28 Konovalova, Maryna 

4/6 80%
20 Striukova, Nataliya 
1 4/9 57%
23 Glibko, Iryna 

9/13 70%
7 Markevych, Mariana 

1/1 100%
19 Smbatian, Tamara 
1 2/6 100%
21 Stelmakh, Iryna  1 1 1/1 100%
18 Savchyn, Natalia 
1 1/2 50%
3 Dmytryshyn, Diana 



5 Diablo, Anna 
1

10 Prokopiak, Iryna 
1

14 Poliak, Tetiana 



15 Melekestseva, Anastasiya 



17 Volovnyk, Natalia 
1 0/1 0%
12 Gladun, Mariia 



1 Balogh, Judit 



 

Le diaporama du match par Icon Sport - FFHB

Pas de brillant, du mental ! 

Euro

dimanche 10 octobre 2021 - © François Dasriaux

 10 min 3 de lecture

Les Bleues sont passées de la lumière à l’ombre dans leur match en Ukraine. Tout était en place pour que ce match soit le piège absolu. Un déplacement interminable au fin fond de l'Ukraine. Une équipe d’Ukraine en toute confiance avec son exploit en Croatie. Une salle qui ne ressemble à rien ou plutôt à un stade d’athlétisme avec aucun repère autour des buts. Un arbitrage de voisines lituaniennes façon bloc de l’Est à « l’ancienne ». Tout ce qu’il fallait pour que les Tricolores version rajeunie piochent pendant plus de 45 minutes avant de serrer la garde devant une Catherine Gabriel énorme toute la seconde période et l’emporter en lâchant la cavalerie 28-25 avec un grand ouf de soulagement !


Soulagement car en seconde période tout a été à deux doigts de basculer vraiment côté ukrainien. Sans quelques arrêts magiques de la gardienne parisienne, les Bleues auraient sans doute vu leurs adversaires s’envoler pour de bon. Dans le sillage d’une Iryna Glibko buteuse, organisatrice et exécutrice des 7 mètres à la perfection, les Ukrainiennes vont trouver les espaces dans la défense bleue rapidement et il faudra attendre 50 minutes pour voir enfin le bloc français enfin trouver de la stabilité et de la performance. Mais une défense moins hermétique que mercredi aurait pu être un petit désagrément sans plus, la puissance de feu physique de l’Ukraine étant très largement supérieure à celle des Tchèques. Mais offensivement, les Françaises vont perdre tout ce qui avait fait leur force. De l’intensité avec des engagements précis et déterminés. Des mouvements clairs et des transmissions de qualité. On était très loin de tout cela et plus les minutes passaient, plus les Bleues coinçaient dans le domaine. On en arrivait trop souvent à une attaque qui ronronnait et qui finissait par envoyer une bonne vieille brique en direction de Pauletta Foppa qui devait tout faire avec 3 joueuses autour d’elle et qui y arrivait quand même. Un dernier coup du sort tombait sur les têtes bleues avec la sortie pour une blessure au genou toute seule d’Adja Ouattara



On sentait la crispation, la peur de mal faire qui rattrapait un peu tout le monde. Si Alicia Toublanc (Photo ci-dessus) restait au plus que parfait, que Lucie Granier, à son relais, faisait quasi de même. Pour le reste on cherchait les joueuses en confiance. Toutes les indications, les temps mort ou les changements qu’Olivier Krumbholz n’y pouvaient guère, l’Ukraine tenait largement la dragée haute et peu à peu mettait même la main sur le match. Quelques coups de sifflets un peu bizarres, quelques erreurs à la finition face à une Maria Galdun très performante et les locales semblaient parties pour un deuxième exploit en 3 jours, après la Croatie demi-finaliste du dernier Euro, elles avaient les Championnes Olympiques en ligne de mire.

Mais ce qu’a le handball tricolore et que n’a pas ou plus le handball ukrainien, c’est de la profondeur dans son effectif. Les rotations vont finir par payer avec en guest-star une revenante à tout point de vue, la néo messine Tamara Horacek (Photo ci-dessous). Elle va d’abord fermer la boutique en défense, donnant enfin un peu d’air à une Catherine Gabriel qui avait enchaîné les arrêts miracles pendant 20 minutes. Son duo central avec Pauletta Foppa va faire des dégâts dans l’organisation offensive des Jaunes et Bleues, cela libérait Méline Nocandy qui pouvait jouer sur les trajectoires de balle et rajouter encore un peu plus de pression. Mais non seulement la Messine va stabiliser la défense, mais elle va y ajouter une efficacité offensive qui manquait à beaucoup depuis longtemps. Les Bleues vont recoller, puis repasser devant pour crucifier via Lucie Granier l’Ukraine et le maigre public perdu dans ce hall immense et bien lugubre. Une victoire 28-25 qui plante parfaitement les jalons d’une qualification tranquille même si il reste encore le double affrontement face à une Croatie qui s’est refait une santé en République Tchèque, mais il semble bien que gagner ce genre de match ait fait grandir vitesse grand V ce groupe très jeune.



A Sumy (UKR), Sport Manezh of Sumy State University
Le dimanche 10 octobre 2021 à 17h00
Ukraine - France : 25 - 28 (Mi-temps : 15-16)
500 spectateurs
Arbitres : MMES Kijauskaite Viktorija et Zaliene Ausra (LIT)
Evolution du score : 3-4 5°, 4-7 10°, 7-11 15°, 10-13 20°, 13-16 25°, 15-16 MT - 17-18 35°, 19-19 40°, 20-20 45°, 23-22 50°, 24-24 55°, 25-28 FT.

Les réactions (Avec le concours du service de presse de la FFH)
Olivier Krumbholz" Il y a deux sortes de mauvais matches. Il y a ceux que l’on gagne et ce que l‘on perd. Aujourd’hui nous avons mal joué. C’est une équipe de France jeune dans un contexte particulier face à une équipe qui joue bien au handball et qui a joué de façon totalement détendue. On s’est pris un peu bêtement la pression dans la figure alors que notre victoire face aux Tchèques de 16 buts, nous avait permis de faire l’essentiel. Les filles ont continué à se battre avec certaines suffisamment lucides pour aller gagner le match. À la fin, notre défense 1-5 a beaucoup gêné les Ukrainiennes qui ont alors déjoué. Je suis très content. Je savais que c’était très important de gagner ce match avec nos jeunes face à une équipe qui, ne l’oublions pas, s’était imposée contre toute attente en Croatie. La blessure d’Adja Ouattara ne nous a pas aidé dans un moment où on avait déjà commencé à jouer moins bien. Elle est très bonne en défense et cela nous a enlevé une rotation. Cela touche quand on voit une partenaire blessée et que l’on comprend qu’elle sera certainement absente pour un long moment."

Catherine Gabriel" Je suis contente d’avoir pu aider l’équipe ce soir. C’était important car le contexte était compliqué et nous avons été menées. De plus, il y a eu la blessure d’Adja, ma coéquipière à Paris, et, à la mi-temps, je n’étais pas très bien. Je me suis dit qu’il ne fallait pas rester dans ce mood-là et qu’il fallait que j’aide l’équipe. Cela faisait longtemps que je voulais jouer un match officiel et ce n’était pas le moment que l’émotion prenne le dessus. Ce qui s’est passé aux J.O. m’a galvanisée alors depuis je ne pose plus de questions, je pense à prendre du plaisir. " 

Statistiques du match

France

Nom Av 2mn Buts/Tirs %age
2 Nocandy, Meline 

7/9 87%
3 Toublanc, Alicia 

5/6 83%
6 Valentini, Chloe 

3/6 66%
19 Sercien Ugolin, Oceane 
1 1/7 25%
8 Lassource, Coralie 

1/1 100%
22 Horacek, Tamara 

3/6 75%
23 Kpodar, Deborah 
1 2/4 100%
31 Granier, Lucie 

3/4 100%
15 Niakate, Kalidiatou 

1/2 50%
14 Ouattara, Adja 



18 Ahanda, Orlane 

0/1 0%
25 Jacques, Emma 



26 Foppa, Pauletta 
1 1/1 100%
28 Vautier, Claire 

1/2 50%
94 Gabriel, Catherine 



1 Glauser, Laura 



Ukraine

Nom Av 2mn Buts/Tirs %age
27 Levchenko, Yevheniia 

3/8 50%
28 Konovalova, Maryna 

4/6 80%
20 Striukova, Nataliya 
1 4/9 57%
23 Glibko, Iryna 

9/13 70%
7 Markevych, Mariana 

1/1 100%
19 Smbatian, Tamara 
1 2/6 100%
21 Stelmakh, Iryna  1 1 1/1 100%
18 Savchyn, Natalia 
1 1/2 50%
3 Dmytryshyn, Diana 



5 Diablo, Anna 
1

10 Prokopiak, Iryna 
1

14 Poliak, Tetiana 



15 Melekestseva, Anastasiya 



17 Volovnyk, Natalia 
1 0/1 0%
12 Gladun, Mariia 



1 Balogh, Judit 



 

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